Remise de l’insigne de Chevalier des Arts et des Lettres à Catalin Mitulescu (11 décembre 2008)

Cher Catalin Mitulescu,

Le festival du Film français de Bucarest est un bel événement, qui rassemble les amoureux du vrai cinéma français, un cinéma exigeant et un cinéma populaire, un cinéma fait pour les spectateurs et un cinéma qui aime les acteurs. Le film de Laetitia Colombani que nous allons voir ce soir, pour la clôture, en est un bel exemple, tout comme votre cinéma, Cher Catalin.

Cette douzième édition du  Festival met à l’honneur le Festival de Cannes et jette un pont entre Cannes et Bucarest. Il était normal que nous choisissions ensemble de vous remettre ce soir la décoration que vous a accordée notre ministre de la Culture.

Car c’est bien le festival de Cannes qui vous a révélé au public.

Cher Catalin,

Vous avez maintenant 36 ans, et vous êtes né à Bucarest. Après des études à l’école de cinéma et de théâtre de Bucarest, qui vous ont apporté l’apprentissage de la technique du cinéma et de belles rencontres professionnelles, avec l’amour du travail bien fait, vous avez commencé classiquement votre carrière en réalisant des courts métrages et des documentaires, parmi lesquels « Bucarest Vienne 8h15 » et « 17 minutes en retard », qui ont été sélectionnés à Cannes. C’est grâce à « 17 minutes » que vous avez rencontré Martin Scorsese, qui vous a encouragé et aidé. En 2004, vous avez obtenu la Palme d’Or du court métrage à Cannes pour « Trafic ». Recommandé par Martin Scorsese, vous avez envoyé le scénario de votre premier long métrage au festival de « Sundance », le célèbre festival du cinéma indépendant crée par Robert Redford, où il a été désigné comme le meilleur projet européen de l’année. Et ce fut la naissance de « Comment j’ai fêté la fin du Monde », que vous avez pu produire, avec votre frère Daniel, et qui a été présenté à Cannes dans la sélection Un certain Regard, en 2006, où le film a reçu le prix de la meilleure actrice pour Dorothea Petre, l’une des plus grandes actrices roumaines d’aujourd’hui, connue aussi notamment pour avoir interprété le film Rhyna. Vous avez signé les scénarios de « Moi, quand je veux siffler, je siffle », « Une bonne journée pour aller à la plage », qui a reçu l’Ours d’Or du court métrage au Festival de Berlin cette année, et « Leçon de boxe », court métrage électionné au New York International Film festival Lincoln Center.

En si peu de temps, vous avez reçu de très prestigieuses distinctions, rejoignant par là cette poignée de cinéastes roumains qui font honneur à votre pays. En Roumanie, « Comment j’ai fêté la fin du monde », qui raconte l’histoire de deux enfants et de leurs relations, pendant la dernière année du règne de Ceaucescu, a eu un immense succès. Vous avez merveilleusement saisi l’intimité du fonctionnement de cette cellule familiale, qui est le plus précieux refuge contre les assauts du monde extérieur.

Aujourd’hui, vous êtes dans la phase finale qui précède la réalisation d’un autre grand film, « Un ballon sous forme de coeur », qui a déjà été présenté sous forme de scénario à Cannes en 2007 dans la section Atelier, et auquel je souhaite tout le succès que vous méritez.

Cher Catalin Mitulescu, avec votre grand talent, votre exigence, votre humanité, je suis très heureux de vous remettre ce soir, au nom du gouvernement français, cette décoration que l’on doit aux grands artistes.

Catalin Mitulescu, nous vous faisons Chevalier des Arts et des Lettres.