Remise de médailles de la Défense nationale (24 février 2011)

Mon général, Messieurs les officiers, Mesdames, Messieurs,

La France est engagée en Afghanistan sous mandat de l’ONU, aux côtés de 45 nations parmi lesquelles 24 des 27 pays de l’Union Européenne, et en particulier de la Roumanie.

Notre présence à vos côtés est nécessaire, parce que la France, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, entend respecter ses engagements internationaux, assumer ses responsabilités et promouvoir ses valeurs. Nous ne voulons pas que l’Afghanistan redevienne, comme à l’époque des Talibans, la proie et le sanctuaire du terrorisme international. En luttant contre ces menaces, la France, comme la Roumanie, œuvrent à leur propre sécurité. Et cet engagement a un prix que la cérémonie d'aujourd'hui me permet de souligner.

La France prend aussi une part effective à la reconstruction et au développement de ce pays pour rendre aux Afghans la maîtrise de leur destin.  

En Afghanistan, environ 4000 militaires français participent aux opérations. A leur côté, la Roumanie consent un effort considérable avec la présence d’environ 1 800 hommes. En se rendant auprès de vos soldats à plusieurs reprises, comme en les faisant défiler le 1er décembre, le Président Basescu a, à plusieurs reprises, indiqué la valeur qu'il y attachait.

Le but est bien sûr de renforcer l’armée nationale afghane, grâce à un transfert de responsabilité pour la sécurité du peuple afghan.

Les efforts de la France ont d’ores et déjà permis de transférer aux autorités afghanes la responsabilité de la région de Kaboul, c'est-à-dire la sécurité de plus de 5 millions de personnes.

Ces efforts consentis, loin du territoire national, ne semblent pas toujours donner de résultats significatifs, tant la pression de nos ennemis est forte. Ils sont coûteux en vies humaines, et je voudrais dire ici combien nous partageons la peine des familles, accablées par des deuils cruels, et combien nous soutenons nos soldats, qui, comme les vôtres, affrontent de dures conditions de combat. 

Pourtant, depuis 2001 des progrès ont été accomplis, que je voudrais souligner aujourd’hui. L’action internationale, dans laquelle la France et la Roumanie sont engagées,  a permis de contribuer à l’instauration de l’Etat de droit, d’améliorer la gouvernance et d’enraciner la démocratie :

      ⁃ scrutins présidentiels en 2004 et 2009

      ⁃ parlement élu en 2005, renouvelé en 2010

      ⁃ retour de 5 millions de réfugiés en Afghanistan depuis 2002

      ⁃ Il existe désormais en Afghanistan plus de 700 journaux, 110 radios, plus de 30 chaînes de télévision

Des progrès sensibles ont été réalisés en matière de Droits de l’homme, de santé  et d’éducation :

      ⁃ le parlement afghan compte 27% de femmes

      ⁃ 2,2 millions d’élèves scolarisés sont des filles

      ⁃ la mortalité infantile a baissé de 26% depuis 2005

      ⁃ 85% de la population a accès aux soins de première nécessité contre 8% en 2002

      ⁃ 4 480 écoles ont été réhabilitées ou reconstruites depuis 2002.

Les infrastructures du pays ont été améliorées :

      ⁃ 13 000 km de routes réhabilitées depuis 2001

      ⁃ production d’électricité multipliée par trois depuis 2002

      ⁃ réouverture du trafic aérien international à l’aéroport de Kaboul

Au plan économique aussi les progrès sont sensibles :

      ⁃ le PIB a augmenté de 22, 5% entre 2009 et 2010

      ⁃ le revenu des ménages a augmenté en 2010 de 53% par rapport à 2008.

L’action de la France et de la Roumanie n’est donc pas vaine, et c’est donc un  honneur et un plaisir pour moi de récompenser les mérites des militaires roumains qui ont œuvré à nos côtés sur ce théâtre d’opération.