Rencontres "Patrimoine alimentaire" (Cluj-Napoca, 14 novembre 2008)
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président du Judet,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Préfet,
Mesdames les Directrices,
Mesdames et messieurs,
Je suis très heureux de participer à ces Rencontres de CLUJ 2008 consacrées à la thématique du Patrimoine alimentaire, qui est un sujet très important pour la Roumanie.
Je remercie le recteur de l’Université des sciences agronomiques et de médecine vétérinaire de Cluj qui nous accueille dans son magnifique domaine, ainsi que les autorités locales - Préfecture et Mairie - et nos sponsors privés qui, par leur soutien, ont permis la tenue de ces Rencontres.
Je tiens, Monsieur le Ministre, à vous remercier d’avoir répondu présent à cette invitation. Je sais que vous êtes très attaché à cette région, ainsi qu’à la ville de CLUJ. Je sais aussi que le Patrimoine alimentaire vous tient particulièrement à cœur. J’en veux pour preuve votre détermination à créer l’Office National des Produits Traditionnels et Ecologiques de Roumanie, qui a vu le jour en mai 2008. C’est une vraie reconnaissance pour les producteurs roumains. Il sera l’instrument indispensable à la promotion des produits traditionnels et écologiques, auxquels les consommateurs et producteurs roumains sont tant attachés.
En effet, j’ai pu constater, lors des visites que j’ai faites dans de nombreux départements de Roumanie, la diversité et le dynamisme de cette forme d’agriculture. Elle doit être préservée, encouragée et développée.
Enfin, je remercie toutes celles et tous ceux qui sont venus de si loin d’Italie, de Belgique, de Hongrie, de France, ainsi que de nombreuses régions de Roumanie pour participer à cet événement important pour la ville de Cluj et sa région.
I. La Présidence Française et les priorités agricoles
Je souhaiterais dire un mot de la Présidence Française dont l’agriculture est l’une des priorités.
- Le bilan de santé de la PAC, tout d’abord.
C’est une adaptation de la réforme de la PAC de 2003. Il s’agit dans le cadre législatif et budgétaire tracé jusqu’en 2013, de procéder à des ajustements plus ou moins importants. Nous avons bon espoir de parvenir à un accord équilibré le 19 ou le 20 novembre prochain, après l’avis du Parlement européen.
- Ce bilan de santé est une étape nécessaire pour aborder dans de bonnes conditions la PAC de l’après 2013 dont les changements seront plus fondamentaux.
La Présidence Française a entamé le débat sur les objectifs de la future PAC lors de la réunion informelle des ministres de l’agriculture d‘Annecy, en septembre dernier. En effet, il nous apparaît essentiel pour l’Union européenne de définir dès à présent les objectifs politiques que nous assignerons demain à la PAC, avant de parler du budget et des instruments. La vision politique doit guider la vision budgétaire et non l’inverse.
C’est un point fondamental de ce débat : la politique agricole de l’Europe ne mourra pas après 2013. Elle aura peut être, sûrement, un autre visage, mais elle fera partie intégrante des politiques européennes, au sein desquelles elle doit garder toute sa place stratégique. Nous pensons que les quatre grands défis de la PAC sont :
- d’assurer la sécurité alimentaire de l’Union européenne ;
- de contribuer aux équilibres alimentaires mondiaux ;
- de préserver les équilibres des espaces et des territoires ruraux ;
- de participer à l’amélioration de l’environnement, notamment par la lutte contre le changement climatique.
Je m’arrêterais un instant sur le lien entre production agricole et aménagement du territoire, et notamment sur la fonction essentielle des quotas laitiers. C’est un réel instrument de la politique d’aménagement du territoire. Aussi, la France, mais pas seulement, est très inquiète des conséquences d’une suppression des quotas laitiers, qui provoquerait automatiquement une concentration de la production dans quelques régions, au détriment des productions laitières et d’élevage de montagne et de semi-montagne. Ce serait inévitablement le cas en Roumanie.
C’est un enjeu très concret du débat sur le patrimoine alimentaire. Il faut faire très attention à ne pas mettre en péril des types de productions qui sont plus vulnérables que d’autres.
Je me réjouis de constater que les grands pays agricoles européens, dont la France et la Roumanie, ont des similitudes de vues sur une certaine vision de l’agriculture. D’ailleurs, la visite de M. Michel Barnier, en qualité de ministre français de l’Agriculture et de la Pêche, mais aussi de Président du Conseil Agriculture, au salon INDAGRA est là pour en attester.
2. Les signes de qualité sont fondamentaux pour l’agriculture d’un pays comme la Roumanie
Les signes de qualité (appellation d’origine, indication géographique, agriculture biologique…) sont souvent les fleurons de nos produits agricoles et agroalimentaires.
Synonymes de goût, de savoir-faire, de terroir, de plaisir et de convivialité, les signes de qualité et de l’origine font partie intégrante de notre culture et de notre patrimoine alimentaires. Ils sont respectés par tous, producteurs et consommateurs. Ils touchent au plus profond d’entre nous.
Les signes de qualité sont aussi des vecteurs de mobilisation des producteurs autour de démarches collectives qui dynamisent les zones rurales, contribuent à la biodiversité des produits, ainsi qu’au maintien des paysages de nos campagnes.
Ces excellents produits – charcuteries, fromages, miel, vins… - sont des exemples concrets d’une agriculture variée et riche, qui font vivre de nombreux producteurs dans les campagnes roumaines. Une partie importante des produits biologiques est d’ailleurs exportée vers d’autres Etats membres.
C’est le reflet d’une agriculture attachée au terroir, au bénéfice de tous, des producteurs en termes de plus value et des consommateurs en termes de goût.
J’ajouterais qu’ils sont des atouts sérieux pour un développement du tourisme, défendue par les autorités nationales et locales.
Je souhaiterais mentionner la coopération étroite entre la France et la Roumanie dans le cadre d’un jumelage institutionnel sur les produits de qualité. Madame Marion Zalay, Directrice de l’INAO - je la salue et la remercie vivement d’être venue à CLUJ - et son équipe, sont directement impliqués dans cette coopération avec les administrations roumaines compétentes. Je précise que l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO) est une organisation très importante en France dans ce domaine. Je souhaite que cette coopération soit la plus fructueuse possible pour les deux parties.
Conclusion
Ces signes de qualité sont emblématiques du modèle agricole européen que nous voulons défendre, à savoir des produits variés, de qualité, irréprochables sur un plan sanitaire, respectueux de l’environnement, ainsi que des territoires. La défense de ce modèle agricole européen est clairement l’une des raisons qui nous rassemble tous aujourd’hui.
