Séminaire "Le Delta du Danube - un trésor écologiques pour les européens" (Tulcea, 31 octobre 2008)
Monsieur le Président du Judet,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Préfet,
Messieurs les Vices Présidents,
Mesdames, Messieurs,
1. La lutte pour la préservation de la biodiversité : un enjeu écologique et économique mondial
La biodiversité est un trésor naturel qu’il est aisé de perdre.
Sur les 30 dernières années, la planète a perdu un nombre sans précédent -près d’un tiers- d’espèces animales et végétales. Et le risque de pertes additionnelles d’ici 2050 est élevé. 60% des écosystèmes mondiaux seraient menacés.
Ces pertes, on le sait moins, ont aussi un coût économique, estimé à 5% du PIB mondial annuel.
C’est pourquoi les Etats Parties à la Convention sur la Biodiversité biologique, signée au Sommet de la Terre de Rio en 1992, ont en mai dernier, à Bonn, décidé d’unir leurs efforts pour porter un coup d’arrêt à ces dérives.
A l’initiative de la France, un mécanisme d’évaluation scientifique de la biodiversité –IMOSEB- a été mis en place. Et la Présidence française souhaite faire concrètement progresser l’initiative LIFEWEB sur le financement des réseaux d’aires protégées.
En Europe, la Roumanie est l’un des pays qui dispose du plus grand nombre d’écosystèmes naturels. Les espaces protégés couvrent 7% de son territoire. Comme vous le savez, le Delta du Danube est le seul à disposer d’un triple statut international : Réserve de la Biosphère, Site protégé par la Convention Ramsar, et site du Patrimoine Mondial Naturel et Culturel.
Permettez-moi, à cet égard, de rendre hommage à la mémoire du Commandant Jacques Yves Cousteau, qui a, au début des années 90, puissamment contribué à l’obtention de cette reconnaissance internationale de la singularité et des richesses du Delta.
2. Le Delta du Danube : une région unique en Europe
De par sa taille, la richesse de son patrimoine naturel et culturel, l’ancienneté de son histoire, sa diversité humaine -plus d’une vingtaine de minorités y cohabitent harmonieusement-, le Delta et ses 15 000 habitants forment un ensemble unique en Europe.
Les chiffres vous les connaissez, permettez moi simplement d’en rappeler quelques uns : roselière la plus vaste de la planète avec 2 700 km2, le Delta est aussi la plus grande zone humide du monde. Il abrite 280 espèces d’oiseaux, dont la moitié des pélicans blancs d’Eurasie.
Le Delta est par nature un refuge non seulement pour les animaux, mais aussi pour les hommes qui, dans les périodes les plus troublées de l’histoire ont pu y trouver asile.
C’est aussi dans le Delta que l’Europe a, en 1856, créé sa première institution commune : la Commission Européenne du Danube (CED), dont le siège était à Galati et le département technique se trouvait à Sulina, ville qui a aussi porté le nom -officieux- d’Europolis. On y parlait six langues et dix églises de confessions différentes y étaient installées. La CED a fonctionné de façon ininterrompue pendant 83 années, jusqu’en 1939.
3. Les richesses naturelles et culturelles du Delta au service de son développement durable
Souvent, la protection d’un patrimoine, quelle qu’en soit la nature -familiale, historique-, est d’abord ressentie par le bénéficiaire comme une somme de contraintes.
Pour ne pas « dilapider » le patrimoine, ou le laisser se dégrader, mais bien au contraire le cultiver et le rendre fructueux, le légataire doit s’astreindre à certaines disciplines, dont les résultats positifs ne deviennent visibles qu’après plusieurs années.
Pour le Delta, il en va de même : les contraintes liées à sa protection, permettent en réalité de préserver ses atouts économiques. Les caractéristiques uniques du Delta sont ses richesses, grâce auxquelles il se distingue des autres régions. La singularité du Delta implique des modes de développement différents de ceux du « tout venant ». Il lui faut des solutions réfléchies et adaptées à ses besoins, qu’il s’agisse, par exemples d’énergies alternatives, d’aquaculture ou d’écotourisme, thèmes choisis dans le cadre ce séminaire come autant de points concrets d’application du développement durable.
4. Des outils financiers et de gestion à disposition des acteurs du Delta
Ce séminaire a pour objectif de mieux faire connaitre les instruments -européens et nationaux- existants, qui peuvent constituer autant de leviers utiles à la réalisation de projets. Permettez-moi de citer les noms de deux de nos intervenants, venus tout spécialement pour ce séminaire. Je remercie M. Capitao, en charge de l’instrument de financement communautaire LIFE, d’être venu tout exprès de Bruxelles pour cette réunion organisée au titre de la PFUE. De même, je souhaite remercier M. Gheorge Stefan, Président de l’Agence Nationale pour le Pêche et l’Aquaculture, qui présentera les mesures du Programme opérationnel en faveur de l’aquaculture.
De par leur vocation, les collectivités locales constituent un acteur majeur du développement régional. Permettez-moi de relever à cette occasion l’excellent accueil qui nous est réservé par le Judet de Tulcea, et de saluer la présence à ses côtés des Vice Présidents du Conseil général de l’Aveyron, ainsi que du Conseil général de Moselle, qui nous feront part de leurs expériences.
Les associations –nombreuses parmi nous- sont également appelées à jouer un rôle croissant dans l’utilisation des fonds disponibles, de même que les entreprises, qui peuvent en être directement bénéficiaires. Le secteur privé est un acteur essentiel du développement durable et je note ici la diversité des entreprises présentes dans la salle : fermes aquacoles, exploitations touristiques, cabinets d’ingénierie, sociétés de services aux collectivités locales.
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J’espère que ce séminaire permettra, non seulement des échanges de vues intéressants, voire innovants, mais aussi la réalisation de projets utiles à la collectivité du Delta et à ses membres.
