Lire le discours de l'Ambassadeur
Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs, Chers Amis,
Le 14 juillet a, pour beaucoup de pays, et pas seulement la France, une véritable signification, tant les idéaux de La Révolution française ont parcouru le Monde.
Ici, en Roumanie, je sais que cette fête est attendue par beaucoup de personnes qui souhaitent témoigner à cette occasion de leur attachement à la France. Je veux leur dire aujourd’hui que je reçois ces manifestations de sympathie avec beaucoup de plaisir et une très grande émotion. Votre présence, Monsieur le Premier Ministre, me touche beaucoup : elle illustre bien l’étroitesse des liens qui unissent la Roumanie et la France, liens encore resserrés, s’il en était besoin, par la signature d’un partenariat stratégique entre nos Etats, dont vous avez agréé la feuille de route lors de votre visite officielle à Paris au printemps dernier.
Je suis heureux de cette foule nombreuse qui est venue ce midi, et je veux vous dire à tous, et bien sûr à vous d’abord, Monsieur le Premier Ministre, un grand merci. Merci de votre amitié ! Merci de votre soutien !
Notre fête nationale cette année revêt une signification particulière : elle marque trois anniversaires, et elle s’inscrit dans le contexte de la présidence française du Conseil de l’Union européenne.
1948 – 2008 : nous célébrons cette année le 60 ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme qui a été signée à Paris, au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948, une occasion pour la France de souligner l’universalité des Droits de l’Homme. Je tiens en particulier à saluer tous ceux dont l’action vise à la protection et à la promotion des Droits de l’Homme, notamment les représentants de la société civile dont certains nous font aujourd’hui l’honneur de leur présence.
1918 – 2008 : nous aurons l’occasion de nous souvenir de cet anniversaire le 11 novembre prochain, où je compte bien célébrer avec toute la dignité possible la fraternité des armes françaises et roumaines, que l’on retrouve encore aujourd’hui en Afghanistan et au Kosovo. Permettez moi, Monsieur le Premier Ministre, de souligner l’effort et les sacrifices de votre pays pour la sécurité de l’Europe, et d’espérer que, pour l’avenir, nous puissions travailler ensemble, comme nous y invite notre partenariat stratégique, à construire, en pleine complémentarité avec notre commune appartenance à l’OTAN, l’Europe de la Défense. Elle est déjà en marche puisqu’un avion roumain a parcouru le ciel de Paris, lors du défilé militaire du 14 juillet auquel assiste en ce moment le Président BASESCU.
1808-2008 : Le bicentenaire de la naissance de Napoléon III, l’un des pères de la Roumanie moderne. Nous aurons le plaisir de rendre hommage à cette grande page de notre histoire commune en octobre, avec la grande exposition que nous montons, en partenariat franco-roumain, entre le musée de Compiègne et le musée national d’Art de Bucarest.
Napoléon III est un de ceux qui ont façonné l’Europe, et qui avait bien compris cette « aspiration des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui est l’une des bases de notre droit international. Mais ces peuples, en Europe, ont décidé de se retrouver dans une même Maison, qu’ils s’efforcent de construire chaque jour, en dépit des difficultés, des crises et des aléas. Nous sommes heureux d’avoir accueilli la Roumanie dans cette Maison, dont elle fait aujourd’hui pleinement partie et où elle joue pleinement son rôle, et nous comptons sur son appui.
Certes, le non de nos amis Irlandais au référendum sur le Traité de Lisbonne complique la tâche de la présidence française du Conseil de l’Union européenne qui s’est ouverte depuis le 1er juillet. Il retarde l’échéance de la mise en place des nouvelles institutions, mais il ne les compromet pas encore à ce stade.
Ce vote nous oblige à plus de pédagogie, à plus de concertation, à plus d’ouverture encore, pour faire comprendre l’Europe, pour parler d’Europe aux peuples d’Europe.
J’ai déjà mentionné la politique de défense et de sécurité européenne, et souligné sa nécessité. Mais comment ne pas voir que les autres priorités de la présidence contribuent aussi à façonner un monde meilleur pour les citoyens européens et à répondre aux défis de notre temps :
- mettre l’Europe à l’avant garde de la lutte contre le changement climatique tout en renforçant sa sécurité énergétique,
- préparer la nouvelle politique agricole commune, dans un contexte de crise alimentaire mondiale,
- développer une approche et une politique communes des migrations efficaces et équilibrées.
Nous savons que ces priorités rejoignent très largement celles de la Roumanie. Votre pays a pu faire valoir ses points de vue et les enrichir de ses contributions dans la phase intense de consultations qui a eu lieu pour préparer notre présidence. Cette présidence se veut ouverte, transparente, efficace. Nous souhaitons qu’elle rende ici en Roumanie, comme dans le reste du continent, l’Europe plus proche des Européens.
Vive la Roumanie, Vive la France, Vive l’Europe.
