Extraits concernant l'Union européenne

ALLOCUTION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Vœux aux Corps Diplomatique
Palais de l’Élysée - Vendredi 18 janvier 2008

Extraits concernant l'Union européenne :
« /.../ Notre priorité absolue à l'intérieur de la famille occidentale va à la construction de l’Union européenne. Grâce au Traité simplifié, après dix années de débat paralysant sur ses institutions, l’Europe est enfin, à nouveau, en marche, et la France a repris toute sa place au cœur de l’Union. Il était temps et, dans un positionnement nouveau, la France a pris sa place : au-delà de l’entente franco-allemande qui est plus que jamais essentielle, j’ai voulu d’emblée établir des relations de travail étroites confiantes avec la Commission et avec le Parlement européen. J’ai voulu que la France soit à l’écoute et aux côtés des nouveaux Etats membres d’Europe centrale qui ont beaucoup à nous apporter et je ne suis pas de ceux qui pensent qu'ils ont moins à dire parce qu'ils sont les derniers arrivés dans la famille. On est dans la famille ou on n'y est pas. Si on est dans la famille, on a le même droit à la parole que les autres. J’ai souhaité resserrer nos liens, par ailleurs, avec nos partenaires méditerranéens.

Mais chacun sait que l’ambition française de voir émerger l’Union européenne comme un acteur global du XXIème siècle suscitait des méfiances, notamment dans le domaine de la défense. La France ne voulait-elle pas affaiblir, voire détruire l’Alliance atlantique ? A ce soupçon, j’ai voulu apporter une réponse claire, et je l’ai fait devant le Congrès des Etats-Unis. Face à l’ampleur des menaces et des crises, le développement d’une Europe de la défense efficace est une nécessité stratégique. C’est donc ma priorité pour les années à venir. L’opposer à l’Alliance atlantique n’a aucun sens. L’Europe de la défense et l’ancrage atlantique sont les deux volets d’une même politique de défense et de sécurité. C’est dans ce contexte que la France entend rénover sa relation avec l’OTAN. Il faut maintenant nous mettre au travail et la France fera des propositions à la fois pragmatiques et ambitieuses, dans une double perspective : la Présidence française de l’Union et le Sommet du 60ème anniversaire de l’Alliance. /.../ »

« /.../ Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Dans ce contexte, quelles doivent être les priorités de l’action internationale de la France en 2008 ?

L’Union européenne d’abord avec, après celle de nos amis slovènes, la Présidence française, au second semestre et je veille, cher Jean-Pierre JOUYET, à saluer la Présidence de nos amis slovènes. Au-delà de la préparation de la mise en œuvre du Traité simplifié et du chantier de la défense, avec Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet, nous souhaitons que l’Europe progresse dans des domaines qui préoccupent les Européens. Et si l’Europe se mettait désormais au service des peuples d’Europe ?

Le climat, pour lequel l’Union devra préciser comment elle compte décliner les engagements des 27 pays membres pour assurer le succès de la négociation de Bali. Avec le Grenelle de l’environnement, la France s’est engagée dans l’invention d’un nouveau modèle de croissance ; c’est une démarche semblable que nous devrions adopter au niveau européen. D’ailleurs, quel serait le poids de la parole de la France si elle disait aux autres, notamment à nos amis américains : faites ce que nous ne sommes pas capables de faire ? Nous voulons faire en nous imposant des règles plus sévères que les autres, pour vous engager à faire avec nous parce que -ne le répétez pas- mais nous habitons sur la même planète et la montée des océans, elle nous emportera tous si nous ne prenons pas garde.

L’énergie sera une autre priorité pour mieux assurer notre solidarité par l’interconnexion croissante des réseaux, et notre indépendance en développant systématiquement la diversification de nos productions comme de nos fournisseurs.

L’immigration qui n’est pas un gros mot, avec l’adoption, par les 27, d’un « pacte européen » définissant de grands principes, fixant des objectifs tels qu’un régime européen de l’asile, et mettant en œuvre des moyens d’action communs.

L’agriculture enfin, pour laquelle nous rechercherons, dès cette année, un accord sur les principes qui permettront une véritable « refondation » de la PAC de l’après-2013.

L’Union devra également assumer davantage ses responsabilités internationales, du Tchad avec le déploiement en février de la force européenne, aux Balkans, avec la délicate gestion de la transition au Kosovo. Parce que le statu quo n’y est plus une option viable, et parce que les voies de la négociation ont toutes été explorées sans l’ombre d’un succès. L’Union devra mettre en œuvre, dans l’unité et avec fermeté, la seule solution praticable : celle qui est sur la table. Mais elle devra aussi offrir aux pays de la région, et notamment à la Serbie, des perspectives crédibles de rapprochement et d’intégration dans la famille européenne. Ils sont européens, et il faut en tirer des conséquences.

*

2008 sera aussi l’année du lancement d’un grand projet de civilisation : l’Union pour la Méditerranée,afin de faire vivre entre tous les peuples riverains la paix, l’entente, la coopération sur la base de projets concrets. Le sommet proposé à Paris, les 13 et 14 juillet, en présence de tous les membres de l’Union, permettra d’ouvrir les premiers chantiers concrets.
/.../ »