Haiti : situatia efortului francez la data de 25 ianuarie

HAITI - POINT DE PRESSE DU 25 JANVIER 2010
 
 
''Près de deux semaines après le terrible séisme qui a frappé Haïti, la première phase d'urgence marquée par une rapide montée en puissance des effectifs déployés sur le terrain et les opérations de sauvetage-déblaiement s'achève. L'accent est mis dorénavant sur l'assistance aux populations sinistrées. 

1. La communauté française

        Grâce aux moyens aériens mis en place, 925 Français ont été  évacués, ainsi que 653 Haïtiens, 33 citoyens de l'Union européenne et 51 ressortissants de nationalités tierces, soit un total de 1 662 personnes. Malheureusement, le décès de 24 de nos compatriotes est confirmé tandis que nous restons sans nouvelles de 10 autres Français.

2. Les moyens engagés

        A la date du 25 janvier, 775 personnels français sont engagés sur le terrain : 535 personnels du ministère de l'Intérieur, 216 militaires, 15 agents de renfort du ministère des Affaires étrangères et européennes et 9 personnels du ministère de la santé. 325 tonnes de matériel sont également mobilisées.

        La décrue du nombre de personnels français engagés sur le terrain s'explique par la fin officielle de la phase de sauvetage-déblaiement. C'est dans ce contexte que 154 personnels ont quitté Haïti le 23 janvier au soir. Pour mémoire, les sauveteurs français ont extrait 16 survivants des décombres.

        Les neuf avions affrétés par le Ministère des Affaires étrangères et européennes ont permis d'acheminer 140 tonnes de matériel et près de 450 personnes. Par ailleurs, les cinq rotations aériennes quotidiennes entre Haïti et les Antilles ont permis d'acheminer 161 tonnes de fret humanitaire et matériels de première urgence.

        Après l'arrivée à Port-au-Prince, le 19 janvier, du ''Francis Garnier'', bâtiment de transport léger de la Marine nationale, avec son chargement de véhicules, de tentes et de fret humanitaire, c'est le transport de chalands de débarquement ''Siroco'' qui a acheminé hier des hélicoptères, des équipes médicales et 800 tonnes de matériel.

        A noter que les moyens d'assistance de la France ont également été  mis à disposition des ONG, permettant l'accès de 63 travailleurs humanitaires et de plus de 33 tonnes de fret.

        Plus de 4 800 consultations médicales ont été effectuées par les équipes médicales françaises tandis que l'hôpital de campagne, opérationnel depuis le 17 janvier, a réalisé près de 400 admissions, dont plus de 150 hospitalisations.

        Pour mémoire, la France a également attribué une aide alimentaire exceptionnelle de 2 millions d'euros et contribuera à hauteur de 10 millions d'euros à l'appel éclair lancé par les Nations unies. 

3. L'organisation de l'aide française

        A Port-au-Prince, une cellule de coordination fonctionne à l'ambassade et mobilise 15 agents de renfort du MAEE. L'ambassade concentre l'activité  opérationnelle et la résidence est la base de vie des équipe de secours et une zone de transit. Chacun de ces sites est sécurisé par un détachement de 18 gendarmes.

        A Paris, 50 agents du Centre de crise se relaient pour coordonner l'effort français. S'y ajoutent notamment une ''cellule adoption'' composée de 7 agents du service de l'adoption internationale. 155 agents volontaires du MAEE se sont par ailleurs relayés pour répondre au près de 17 000 appels reçus depuis le début de la crise.

4. L'adoption internationale en Haïti

        Compte tenu de la place occupée par Haïti dans les adoptions internationales réalisées en France, le ministère des Affaires étrangères et européennes s'est, dès le début de la crise, fortement mobilisé. 33 enfants pour lesquels la procédure d'adoption était achevée, sont déjà arrivés à Paris le 22 janvier.

        A la demande de Bernard Kouchner, l'ambassadeur chargé de l'adoption internationale a de nouveau reçu, le 23 janvier, une délégation de parents actuellement en cours de procédure d'adoption en Haïti. Cet entretien a permis de faire le point sur l'important  travail accompli depuis le séisme par le service de l'adoption internationale, en liaison avec l'ambassade de France à Port-au-Prince et le centre de crise, afin d'identifier la situation particulière de chacune des 914 procédures officiellement enregistrées. Au total, 857 familles se sont manifestées auprès du service de l'adoption internationale, parmi lesquelles 372 se prévalent d'un jugement concernant 424 enfants, compte tenu de l'existence de fratries.

        La France entend traiter les procédures d'adoption dans le plein respect de ses engagements internationaux, notamment la Convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale, et de la légalité haïtienne. Je vous rappelle à cet égard les mises en garde renouvelées de l'Unicef. Le service de l'adoption internationale et l'ambassade de France réunissent les éléments permettant de s'assurer de l'existence de ces jugements. Outre les 33 enfants rentrés à Paris le 22 janvier par vol spécial, 76 enfants pourront prochainement rejoindre la France, les jugements d'adoption étant déjà parvenus au ministère des Affaires étrangères et européennes.

        Pour les autres enfants, les autorités françaises vont examiner avec les autorités haïtiennes  les conditions légales dans lesquelles les procédures en cours pourraient aboutir, dans l'intérêt supérieur des enfants.

        Les membres de la délégation de candidats à l'adoption ont reçu des assurances sur les efforts importants accomplis par les autorités françaises, en faveur des enfants qui se trouvent encore dans les crèches, dans un contexte qui reste difficile.''

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HAITI -  POINT DE SITUATION DE L'EFFORT FRANCAIS AU 21 JANVIER


        ''Immédiatement après le séisme qui a durement frappé Haïti le 12 janvier dernier, la France
s'est fortement mobilisée pour venir en aide aux populations sinistrées et secourir les ressortissants français.

1. Les moyens déployés


        A la date du 21 janvier, 920 personnels français sont engagés dans les opérations de secours en Haïti : 580 personnels du ministère de l'Intérieur, 321 militaires, 10 agents de renfort du ministère des Affaires étrangères et européennes et 9 personnels du ministère de la santé.
        Un renfort de 148 personnes est en cours de déploiement (127 personnels de la sécurité civile et 21 personnels de santé) ce qui portera la présence française à 1 068 personnes à compter du 22 janvier.
        Les équipes de secours, assistées d'un hélicoptère et d'un avion de la sécurité civile, ont déjà achevé 13 chantiers et sont actuellement engagés sur quatre nouveaux sites d'intervention.
        Leur action a permis de dégager 14 survivants des décombres. Une unité de commandement de la sécurité civile aide à la supervision de ces opérations. L'organisation des secours entre désormais dans une phase de consolidation axée sur le soutien des populations et le renforcement logistique, se traduisant par un désengagement progressif des unités de sauvetage - déblaiement.
        Un hôpital de campagne (70 personnes, 33 tonnes) est installé depuis le 17 janvier dans l'enceinte du lycée français et a une capacité de 25 interventions chirurgicales lourdes. Il est renforcé par un poste médical avancé (70 personnes, 6 tonnes) qui assure, en amont, l'accueil et les soins ambulatoires et, en aval, le renforcement des capacités d'hospitalisation. Un hélicoptère de la sécurité civile permet l'évacuation vers les structures hospitalières de Guadeloupe et de Martinique d'une partie des patients, en fonction de leurs pathologies. Au total, 77 médecins, 75 infirmiers et un pharmacien français sont engagés sur le terrain, constituant 50 équipes mobiles. Plus de 4 000 consultations médicales ont été effectuées par ces équipes médicales.
        Pour répondre au défi sanitaire de l'approvisionnement des populations sinistrées en eau potable, une station de potabilisation d'eau a été installée et permet de fournir 20 000 personnes par jour.
        Trois à cinq avions militaires effectuent des rotations quotidiennes entre Haïti et les Antilles.
Ces rotations ont déjà permis l'acheminement de 100 tonnes de matériel et de vivres de première urgence. Par ailleurs, un C-130 du ministère de la Défense est engagé pour acheminer du fret humanitaire et transporter des ressortissants évacués vers les Antilles.
        Les moyens d'assistance français sont également mis à la disposition des ONG dont 43 personnels se trouvent sur place. Cinq nouveaux travailleurs humanitaires et 15 tonnes de fret ont quitté Paris hier pour rejoindre Port-au-Prince.
        Le bâtiment de transport léger (Batral) a pu décharger sa cargaison (véhicules, tentes et fret humanitaire). Trois avions affrétés par le MAEE ont quitté Paris hier avec 20 tonnes de matériel et 20 tonnes de fret humanitaire.
        Le centre de crise du MAEE a, par ailleurs, dépêché sur place une équipe de six spécialistes des questions consulaires et humanitaires. A Paris, les 50 agents du centre de crise restent pleinement mobilisés pour coordonner l'effort français. Depuis le début de la crise, une ''cellule adoption'' a été mise en place au sein du centre de crise et mobilise 7 agents du service de l'adoption internationale. Au sein de la ''cellule de réponse téléphonique'', ce sont près de 150 agents volontaires qui se sont relayés depuis le 12 janvier pour traiter les quelque 14 500 appels reçus à ce jour.

2. Les efforts se poursuivent


        Un nouvel échelon de la sécurité civile de 95 personnes est arrivé à Fort-de-France et attend son déploiement sur Haïti. Le transport de chalands de débarquement ''Siroco'' arrivera le 24 janvier avec des hélicoptères, des équipes médicales et 800 tonnes de matériel.
        Le MAEE s'efforce d'affréter un nouvel avion d'ici la fin de la semaine afin de transporter des personnels et du fret des ONG.

3. La communauté française

Depuis le 13 janvier, les rotations aériennes ont permis d'évacuer 1 115 personnes, dont 683 ressortissants français et 391 Haïtiens. 22 décès de Français ont malheureusement été confirmés tandis que nous restons toujours sans nouvelles de 11 de nos compatriotes.

4. La réponse européenne

Le Conseil de l'UE a annoncé, lors de sa réunion du 18 janvier, une mobilisation financière en trois temps :
        - aide humanitaire de court terme de 122 millions d'euros (30 millions au titre d'ECHO et 92 millions des Etats-membres). La France a annoncé une participation de 14 millions d'euros, dont 10 millions en réponse à l'appel de l'ONU et 2 millions au titre de l'aide alimentaire d'urgence.
        - réhabilitation à moyen terme : 100 millions d'euros ont été annoncés par la Commission européenne (40 millions d'aide budgétaire, 40 millions pour la réhabilitation des infrastructures essentielles et 20 millions au titre de l'instrument de stabilité.
        - reconstruction à long terme : 200 millions d'euros ont été annoncés par la Commission européenne.

5. La sécurité


Pour répondre à la demande de soutien en matière de sécurité en Haïti des Nations unies, la France est favorable à ce que l'Union européenne mette rapidement en place une unité européenne de police/gendarmerie au service de la MINUSTAH pour une durée de six mois.
        La France est disposée à y contribuer pour cette durée jusqu'à hauteur de 100 gendarmes afin de lui apporter le renfort temporaire que les Nations unies attendent.
        Le Conseil des Affaires étrangères du 25 janvier doit nous permettre, sous l'autorité de Mme Ashton, de prendre une décision collective en ce sens.
        Cette contribution concrète dans le domaine de la sécurité viendra compléter l'assistance européenne massive et rapide mise en place pour venir en aide à la population d'Haïti.''

 

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TRIBUNE DU MINISTRE
DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES,
BERNARD KOUCHNER,
DANS LE QUOTIDIEN AMERICAIN "THE WASHINGTON POST"
(Paris, 16 janvier 2010)


Haïti : construire un nouvel avenir


Une épouvantable tragédie a encore frappé Haïti. Une de plus pour ce pays fracassé par les fatalités et les malheurs mais qui s'obstine, chaque fois, à les combattre avec la foi du désespoir. Haïti n'est pas seule. La communauté internationale a lancé une mobilisation majeure et les Etats-Unis et La France - plus que tout autre unie à elle par des liens fraternels qui dépassent l'histoire et la langue - prennent une part majeure à ce mouvement de solidarité. Cette catastrophe, la plus terrible que Haïti ait subi, oblige la France et ses partenaires à tout faire pour redonner à ce pays force et vigueur, à le reconstruire.
Car, malgré la misère, les difficultés, les errements politiques, Haïti a tout pour réussir enfin sa mue et devenir une terre d'avenir. Je me suis rendu en Haïti en septembre dernier. Je me souviens des entretiens que j'ai eus avec mon ami Hedi Annabi, le responsable de la Mission de l'ONU, décédé mardi à Port-au-Prince, et avec le président haïtien, René Préval, concernant l'avenir de ce pays. Cette semaine, j'ai travaillé en étroite collaboration avec la secrétaire d'Etat Hillary Rodham Clinton. Avec les Nations unies et les organisations internationales, avec l'Union européenne et tous nos partenaires de solidarité, au premier rang desquels les Etats-Unis, avec surtout une population aujourd'hui abasourdie mais décidée à vivre, nous nous mobilisons pour aider Haïti à renaître. C'est quand tout est à terre que tout redevient possible. Le moment est terrible, mais il faut le saisir. Avec obstination et sans peur, comme une main tendue vers l'espoir.
Aujourd'hui, toutes les énergies sont mobilisées pour sauver ceux qui peuvent l'être et porter secours aux populations. Mais il n'est pas trop tôt pour penser à la reconstruction. Une reconstruction durable, matérielle et politique qui conjurera les démons et les calamités du passé. La communauté internationale est déterminée, tout comme la France, à aider, le temps qu'il faudra, les Haïtiens à rebâtir leur pays et à les convaincre non par des mots, mais par des actes, qu'ils ont un avenir et que cet avenir est entre leurs mains.
La France propose qu'avec les Etats-Unis, le Canada, le Brésil, l'Union européenne et tous ceux qui nous rejoindront, une conférence à la hauteur de l'enjeu soit convoquée pour la reconstruction et le développement d'Haïti. Une réunion qui sera le point de départ du renouveau.
Dans le respect total de la souveraineté haïtienne, cette conférence s'appuiera sur l'évaluation des dommages fournie par les autorités haïtiennes et l'ONU. Dans les prochaines semaines, elle se fondera sur une analyse des besoins à long terme du pays pour lui proposer un ambitieux programme de reconstruction. Non seulement pour les logements et les infrastructures mais aussi pour les institutions, les relations avec la communauté internationale, la coopération régionale. J'estime nécessaire d'y associer les organisations non gouvernementales, La diaspora haïtienne et les entreprises puisque nous sommes appelés à travailler tous ensemble sur ce chantier.
L'extraordinaire élan de générosité des peuples et des gouvernements que la souffrance des Haïtiens a imposé ne doit pas s'arrêter à l'humanitaire d'urgence. Notre responsabilité commune est d'aller au-delà. De nous engager, auprès du peuple haïtien, sur la voie d'un avenir fondateur./.


ARTICLE BY BERNARD KOUCHNER,
MINISTER OF FOREIGN AND EUROPEAN AFFAIRS,
 PUBLISHED IN "THE WASHINGTON POST"
(Paris, 16 January 2010)

Building a future in Haiti


Tuesday's earthquake was yet another tragedy for a country already shattered by adversity and misfortune. Yet Haiti continues to rally against all odds, with amazing courage. And Haiti is not alone. The international community has launched a major mobilization, and the United States and France - which shares close ties with Haiti, transcending our shared history and language - take a major part in this movement of solidarity. To help them recover from this catastrophe - the worst of the many disasters Haiti has experienced - France and its partners must do everything in their power to rebuild this island nation and help restore its strength and energy.
Although this is a dreadful time, we must prepare to seize this opportunity. Stubbornly and fearlessly, we must reach toward hope. I last travelled to Haiti in September, and I remember the lively discussions with my cherished friend, UN mission head Hedi Annabi, who died Tuesday at his post, and with Haitian President René Préval, on the future of the country. This week I have been working with counterparts such as Secretary of State Hillary Rodham Clinton. I know that despite its poverty and political failings, Haiti has everything at its disposal to finally achieve its transformation into a country of the future. The United Nations, international aid organizations, the European Union and all its partners - particularly the United States - are mobilizing to help Haiti re-establish itself. Its population is dazed but determined to survive. And the sad truth is that when everything has been destroyed, anything becomes possible.
Today, all our efforts must aimed at saving those who can be saved and at bringing emergency relief to the population, so many of whom are now homeless or hungry. But it is not too soon to think about reconstruction: lasting, practical and political reconstruction that will ward off the demons of the past. The international community must be resolved, as France is, to help the Haitians for as long as is needed to rebuild their country and to convince them - through actions, not just words - that their future is in their hands.
France proposes to hold, as soon as possible, a conference on reconstruction and development that would represent a starting point for Haiti's renewal. This conference, to be hosted jointly with the United States, Canada, Brazil, the European Union and all others that wish to join us, must be up to the extraordinary challenges Haiti faces.
We will base our actions on the damage assessments provided by Haitian authorities, the United Nations and other international institutions. Such an assessment must be carried out in the next few weeks and should be based on an analysis of Haiti's long-term requirements, if we are to put forward an ambitious reconstruction plan, not just for housing and infrastructure but also with regard to public institutions. Regional cooperation is critical. I believe that we must involve non-governmental organizations and the Haitian diaspora; reconstruction will require all of us to work together. Our work must amount to more than a pledging conference: we aim to put Haiti on the path of enduring economic growth and social development.
The suffering of the Haitian people has generated an extraordinary surge of generosity from individuals and governments the world over. But our attention and efforts must go beyond immediate humanitarian relief. We must engage the Haitian people and help them on their path toward a new future./. (Source of English text: "The Washington Post" website.)