Alocutiunea Ambasadorului la inaugurarea expozitiei "Bucuresti, orasul neiubit" (30 septembrie 2009)
Chère Roxana THEODORESCU,
Cher Ferrante FERRANTI,
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Paul Morand, dans son Bucarest, a écrit sur votre pays un passage que je trouve assez extraordinaire: « C’est avec des cités rasées, des églises détruites, des archives dispersées, des traditions étouffées, que la Roumanie se présente devant l’Histoire. La leçon que nous offre Bucarest n’est pas une leçon d’art, mais une leçon de vie : elle enseigne à s’adapter à tout, même à l’impossible. »
Ces lignes ont été publiées en 1935, mais à certains égards, elles restent très actuelles. Je comprends d’ailleurs que ce livre, qui porte un regard amical, sensible et très documenté sur Bucarest, n’ait pas toujours reçu un bon accueil du public roumain.
Peut être en sera-t-il ainsi de notre exposition d’aujourd’hui, ou plutôt de son titre, Bucarest la mal aimée.
Il me faut donc l’expliquer.
La France a depuis longtemps, collaboré avec les autorités roumaines en faveur de la préservation du patrimoine.
Ainsi avons nous inauguré, Monsieur le Ministre, tout récemment, une exposition qui retraçait 15 ans de collaboration entre l’Université d’architecture Ion Mincu et l’Ecole de Chaillot, pour contribuer à la formation d’architectes roumains spécialisés dans la restauration des monuments anciens.
Nous avons aussi contribué à la création de la réglementation roumaine en faveur de la préservation des monuments historiques, et, sur votre impulsion, à la création d’une législation sur les espaces protégés. Les missions administratives se succèdent, la collaboration entre les ministères de la culture français et roumain est excellente.
Mais, vous le savez, Monsieur le Minsitre, pour qu’un patrimoine ancien soit protégé, il faut aussi que ses habitants se l’approprient, il faut que ce patrimoine puisse vivre, il faut qu’il soit exploité, qu’il soit regardé, qu’il soit aussi aimé.
J’ai donc voulu proposer au public roumain un regard amoureux sur sa capitale, c’est l’objet de cette exposition.
Pour cela, j’ai demandé à l’architecte et photographe Ferrante Ferranti, auteur avec Dominique Fernandez d’un bel ouvrage Rhapsodies roumaines, mais aussi de livres passionnants comme Pierres vivantes ou l’Esprit des ruines, d’être le commissaire d’une exposition de jeunes photographes roumains. Il s’est bien volontiers prêté au jeu, et les a conduits dans cette aventure.
Merci donc à Serban Bonciocat, Adrian Bulboaca, Sergiu Mihaescu, Cosmin Gogu, Camil Iamandescu, Lucian Muntean, Serban Mestecanesanu, et Dan Persinaru de nous livrer leur regard sur la ville.
Vous verrez, leur talent éclate. Chacun porte une véritable personnalité artistique, et chacun illustre à sa manière notre propos.
Ferrante a aussi montré certaines de ses photos, datant d’il y a presque 20 ans, et il est frappant de voir combien Bucarest a changé pendant cette période, mais aussi que la ville a gardé son charme mystérieux et toujours détruit.
J’invite chaque visiteur de cette exposition à faire avec nous ce voyage et à en tirer, comme l’ont fait nos photographes, ses propres conclusions. Il y sera aidé par les textes des photographes, qui sont affichés avec leurs œuvres.
Je souhaite ainsi contribuer à la réflexion publique sur les évolutions des politiques du patrimoine et de l'urbanisme en Roumanie, et apporter une pierre au débat qui se fait jour ici sur le patrimoine urbain.
Un mot encore pour remercier l’Association Maisons qui pleurent, qui s’est associée à notre projet, et la direction du Mnar, qui nous a prêté le Palais Kalinderu, réouvert exceptionnellement avant les travaux qui devraient permettre de le rénover : c’est aussi un trésor d’architecture.
Je voudrais aussi remercier la petite équipe de l’Institut français de Bucarest, qui s’est mobilisée pour ce projet : Svetlana Carstean et Alina Nechifor.
Mesdames et Messieurs, en souhaitant que vous apprécierez à sa valeur ce travail magnifique et très original, je vous remercie pour votre attention.
