Conférence de presse de la présidence tchèque de l’UE

Permettez moi d’abord de remercier mon ami Petr DOKLADAL, ambassadeur de la république tchèque à Bucarest, de me donner la parole lors de cette conférence de presse inaugurale.

Par delà les liens d’amitié qui nous unissent, il sait que je lui apporte tout mon soutien dans l’exercice difficile qui est le sien et que je viens de vivre pendant les six derniers mois. Le Ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, et le Secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Bruno Le Maire, étaient à Prague la semaine dernière, les 7 et 8 janvier, pour le lancement officiel de la nouvelle présidence. Ils ont eu ainsi l’opportunité de réaffirmer le soutien de la France lors des entretiens qu’il ont eus avec M. Alexander VONDRA, Vice premier Ministre en charge des Affaires européennes, comme avec le premier ministre TOPOLANEK et le ministre SWARTZENBERG.


A cette occasion, M. TOPOLANEK a insisté sur l’importance de la liberté, réponse la meilleure selon lui aux questions concernant l’identité, à l’heure où nos peuples sont profondément inquiets tant de la situation internationale, que des effets de la crise financière et économique. La France, qui a placé la liberté au premier rang de sa devise nationale, LIBERTE, EGALITE FRATERNITE, ne peut que partager ce point de vue.

De même, les priorités de la présidence tchèque qui, comme la présidence française, ont été préparées en troïka :  les trois E, pour économie, énergie et Europe dans le monde, reçoivent bien entendu notre agrément.
Je retiens de ces déclarations une continuité avec le travail accompli pendant la présidence française, à l’heure où cette continuité est le meilleur gage du maintien du rôle de l’Europe dans le Monde. La crise financière est loin d’être terminée, et cette continuité est nécessaire pour la mise en œuvre du plan de relance des économies européennes, et pour la préparation du sommet du G20, qui aura lieu à Londres le 2 avril, et qui est un rendez vous extrêmement important.

Au moment où la Roumanie subit de plein fouet les conséquences du différend russo-ukrainien sur le gaz, le dossier de la sécurité énergétique, que la République tchèque a placé au premier rang de ses priorités, prend  une acuité particulière, dans la lignée des décisions adoptées en décembre par le Conseil européen. Le Conseil Affaires générales des 26 et 27 janvier a déjà placé cette question à son ordre du jour.

Enfin, sur le plan des relations extérieures, la France a soutenu les efforts de la présidence tchèque en faveur de la trêve des opérations militaires à Gaza, et sera aux côtés de la présidence pour réfléchir à 27 sur les relations de l’Union européenne avec la nouvelle administration américaine lorsqu’elle sera en place. De même, je crois que l’expérience et la compétence de nos amis tchèques seront très utiles pour définir et mettre en œuvre les bases du partenariat entre l’Union et la Russie, dossier qui reste très lié à celui de la politique de voisinage oriental et à la sécurité européenne en général.

Enfin, la présidence tchèque nous a annoncé un style nouveau. J’en suis personnellement heureux. L’Union européenne, ce n’est pas la caserne, ce n’est pas l’uniformité, c’est la diversité avant tout. Diversité des cultures, des langues, des approches. La France, qui a porté dans les instances internationales le dossier de la diversité culturelle, s’en réjouit, et est sûre que cette diversité dans la complémentarité apportera beaucoup à l’Union, qui est une construction toujours en mouvement.

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