Conférence sur les départements français d’Outre-mer et les régions ultrapériphériques de l'UE (26 mai 2011)
Journée de sensibilisation sur les départements français d’Outre-mer et les régions ultrapériphériques de l’Union européenne
Conférence sur les enjeux, les attentes et les atouts des Régions Ultrapériphériques (RUP) pour l’Europe continentale
Jeudi 26 mai 2011
Mot d’ouverture de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en Roumanie Henri PAUL
Monsieur le Ministre (à confirmer),
Monsieur le Secrétaire d’Etat (à confirmer),
Messieurs les Députés et Sénateurs,
Messieurs les Ambassadeurs,
Madame la Déléguée,
Mesdames et messieurs les Présidents et Directeurs,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis
C’est pour moi un grand plaisir d’introduire cette conférence sur les enjeux, les attentes et les atouts des Régions Ultrapériphériques (RUP) et en particulier des départements et territoires français d’outre-mer (DOM-TOM) pour l’Europe continentale.
Pourquoi avoir inscrit un tel évènement dans l’agenda de l’Ambassade de France en Roumanie ?
D’abord, si vous me permettez un mot personnel, parce que mes cinq années au ministère de l’Outre Mer comme directeur des affaires économiques, sociales et culturelles m’ont définitivement inoculé l’amour de ces pays, lointains par la géographie, mais proches par le cœur.
Parce que j’aime ces gens, ces territoires, leurs produits, et que je souhaitais mieux les faires connaître ici.
Mais aussi, et surtout, parce que, lors de la réunion du Conseil interministériel de l'outre-mer du 6 novembre 2009, le Président de la République Française, Nicolas SARKOZY, a décidé de dédier, en 2011, une année à l'outre-mer, qui sera l’occasion de faire la promotion de la richesse des cultures d'outre-mer, de tous les Outre-mer et de donner à ces territoires une visibilité forte et dynamique.
Pour illustrer l’apport de l’outre mer à la communauté française, je vais prendre quelques exemples.
Sait on qu’avec 80 % de la biodiversité française, les Outre-mer garantissent à la France, et donc à l’Union européenne, une richesse naturelle exceptionnelle ? Les régions ultramarines offrent en effet une exceptionnelle variété de territoires et d’espaces maritimes protégés : parcs naturels nationaux ou régionaux, réserves, massifs coralliens, etc. Le récent classement en 2010 d’une partie de l’Ile de La Réunion au titre du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO témoigne de la qualité remarquable des territoires et de la volonté partagée de préserver et valoriser la faune et la flore. Les régions ultramarines sont, à bien des égards, des terres d’exception pour les actions relatives au développement durable, au développement et à l’utilisation des énergies renouvelables comme à la préservation de la faune et de la flore.
Sait on qu’avec ces centaines d’îles, situées dans les plus beaux archipels du monde, la France rayonne dans tous les océans de la planète et est la seconde puissance maritime du globe ?
Tout récemment, à Bucarest, en ouverture du Mois de la Francophonie, Jacques Martial est venu présenter, avec son monologue consacré au « Retour au pays natal », un magnifique aperçu de la richesse culturelle de l’outre mer, qui a eu un très grand succès auprès du public. Avec ses multiples identités, l’Outre-mer présente une diversité qui s’enrichit par le métissage. Diversité linguistique, avec plus de cinquante langues sur les quelque 75 « langues de France ». Diversité artistique, avec les mariages de la tradition orale et de l’écriture, du « réalisme et du merveilleux », de la tradition à maintenir et de la modernité à enraciner, dans la danse, les arts visuels, le théâtre, la littérature...
« Ce ne sont pas des paysages, ce sont des pays, ce ne sont pas des populations, ce sont des peuples » : a écrit Aimé CESAIRE, le poète, le dramaturge, l’intellectuel engagé, l’élu local et national que la France a honoré le 6 avril dernier au Panthéon, par la voix du Président de la République. Cette affirmation peut contribuer à expliciter la place spécifique des régions d’outre-mer dans la France et dans l’Europe d’aujourd’hui.
Comme le souligne Madame la Ministre chargée de l’Outre-mer Marie-Luce PENCHARD, ce changement de regard doit aussi s’incarner par un nouveau discours, par de nouvelles idées et par une autre étape des relations entre la métropole et ses Outre-mer. Chaque territoire, dans le respect de sa diversité, doit pouvoir s’épanouir selon sa propre organisation. Ces territoires font partie intégrante de la République Française, lui apportent beaucoup et l’enrichissent chaque jour.
Au sein des territoires d’Outre-Mer, il faut également souligner le lien fort qui unit l'Union européenne aux départements français d'outre-mer qui font pleinement partie du territoire européen, et sont reconnues comme régions ultra périphériques.
Le soutien communautaire dans les DOM, grâce notamment à la politique régionale de l'UE ou encore la Politique Agricole Commune est une marque très importante de ce lien. Les débats en cours sur l’avenir des politiques européennes après 2013 et sur le traitement particulier des régions ultra-périphériques au sein de ces politiques doivent intéresser l’ensemble des européens, et pas seulement les Français, les Espagnols et les Portugais.
Au titre de cette appartenance à l’Union européenne, il m’a donc semblé utile de porter le message délivré à l’occasion de cette année de l’Outre-mer et de participer à une meilleure connaissance de ces territoires, dans l’un de ses Etats-Membres relativement les plus éloignés géographiquement de ces territoires.
Cet éloignement peut expliquer que, par exemple et à ma connaissance, aucun territoire roumain n’a développé de relations au titre de la coopération décentralisée avec un des départements d’outre-mer, alors que ces relations sont par ailleurs fort nombreuses et riches entre territoires français et roumains. Le tourisme des Roumains est encore peu développé en direction de ces territoires.
En conclusion, je tiens tout particulièrement à remercier pour leur présence les représentants des territoires ultramarins qui ont bien voulu faire le déplacement pour nous faire part de leur témoignage et mieux nous les faire connaître :
- Monsieur Alfred ALMONT, Député de la Martinique (Union pour un Mouvement Populaire) et qui est notamment membres des commissions des affaires économiques et européennes à l’Assemblée Nationale ;
- Monsieur Jocelyn HO TIN NOE, Premier Vice-Président de la Région Guyane ;
- Monsieur Denis CELESTE, Directeur Général adjoint de la Région Guadeloupe.
Je remercie également Madame Felicia DARELL, qui représente la Direction Générale de l’Outre-Mer au Ministère de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, pour avoir accordé un peu de son temps pour participer à cette journée.
Je remercie tout particulièrement les représentants économiques qui ont pris l’initiative de cette rencontre et qui vont nous faire part des atouts et des contraintes économiques des régions ultrapériphériques de l’Union européenne, notamment pour les filières qu’ils représentent :
- Monsieur Eric de LUCY, Président de l'Union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN) ;
- Monsieur Gérard BALLY, Délégué général d’EURODOM et ses collaborateurs Monsieur Emmanuel DETTER et Madame Ophélie FERRARE.
Je remercie enfin les experts de diverses origines qui vont nous éclairer et nous faire partager les richesses et les problématiques des territoires d’Outre-Mer :
- Monsieur Denis LOEILLET, Agroéconomiste au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) ;
- Monsieur Jean-Philippe PALASI, écologiste à l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France ;
- et Monsieur Fred CELIMENE, Professeur des Universités au Centre d'Etude et de Recherche en Economie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée (CEREGMIA) à l’Université des Antilles et de la Guyane.
Je remercie pour finir l’assistance nombreuse à cette conférence, démontrant ainsi l’intérêt que portent nos amis roumains aux problématiques et aux enjeux de ces territoires spécifiques de l’Union européenne.
Je vous remercie pour votre attention en souhaitant un plein succès à nos travaux.
