Discours à l'occasion de la commémoration de l'Armistice de la Première Guerre Mondiale à Timisoara (8 novembre 2011)

Monsieur le préfet,
Monsieur le président du conseil de Judeti,
Monsieur le maire,
Mon général,
Mesdames, messieurs,

Nous allons commémorer dans quelques jours le 93 ème anniversaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale qui a considérablement marqué le 20ème siècle.

Comme les années précédentes, j'ai souhaité que cette manifestation n'ait pas lieu qu'à Bucarest, pour bien marquer ma conviction que la Roumanie est un grand pays, qui a vécu et souffert pendant la Grande guerre dans toutes ses composantes , territoriales et sociales. C'est à cette époque , je crois, que les liens entre la France et la Roumanie ont été les plus forts, car c'est dans la souffrance partagée que l'on reconnaît ses vrais amis. Cette année je suis heureux d'être parmi vous à Timisoara, et je remercie les autorités civiles et militaires de nous avoir prêté leur concours pour l'organisation de cette cérémonie.

Nous commémorons désormais cette guerre sans ceux qui l’ont vécue mais les témoignages qu’ils ont laissés et certains paysages européens durablement modifiés par les combats nous rendent les souffrances qu’il a signifiées toujours extrêmement présentes. Le 11 novembre reste en France comme d’ailleurs dans la plupart des pays engagés dans ce conflit, un moment unique dans la vie des Nations où les peuples font mémoire des sacrifices passés.

Aujourd’hui, quand les Français parlent de la Grande Guerre, quand les jeunes Français l’étudient à l’école, leur regard se porte de plus en plus sur la réalité quotidienne des combats et sur les conditions de vie des soldats.

Recueillis autour de ces tombes comment ne pas penser en effet avec émotion aux derniers moments de la vie de ces 24 jeunes hommes qui nous ont précédés sur cette terre de Roumanie, dont les noms gravés sur ces tombes évoquent la métropole mais aussi Madagascar et l’Afrique du nord.

La solennité et l’éclat avec lesquels la Roumanie nous permet aujourd’hui, à Timisoara, de leur rendre hommage est sans doute à la mesure de l’intensité des émotions qu’ils ont dû éprouver , ici, au moment le plus tragique de leur vie. Face à ces militaires morts dans l’accomplissement de leur devoir, dans ce cimetière des Héros, nos pensées vont aussi vers tous les militaires qui ont fait le sacrifice de leur vie.

Nous pensons également à ceux qui combattent aujourd’hui sur les théâtres d’opérations extérieures et tout particulièrement aux militaires de nos deux pays engagés en Afghanistan depuis de nombreuses années pour oeuvrer au rétablissement de l’autorité du gouvernement afghan. Dans cette opération difficile, confrontés aux mêmes menaces, beaucoup de Français et de Roumains ont perdu la vie ou portent aujourd’hui, dans leur chair, des séquelles indélébiles.

Cet hommage que nous rendons aujourd’hui à ces 24 Français nous donne enfin l’occasion de mesurer le chemin parcouru par l’Europe en moins d’un siècle. A l’heure où notre continent connaît des moments difficiles, ce regard vers le passé est un appel à la confiance, à l’effort et à la solidarité.

Vive la Roumanie, vive la France, vive l'amitié franco-roumaine !