Discours à l'occasion de la pose de la première pierre du nouveau Lycée français (30 janvier 2012)

Cette cérémonie est un moment particulièrement émouvant que je suis très heureux de partager avec vous.
C'est d'abord un moment d'émotion à titre tout à fait personnel, car je vais bientôt quitter la Roumanie, cette terre à laquelle je resterai profondément attaché. Je suis très sensible au geste de l'association des parents d'élèves et de son président, François Marchand, qui ont tenu à organiser cette cérémonie avant mon départ. Ce geste me touche beaucoup, je le prends comme il vient, c'est à dire le témoignage des efforts que nous avons déployés ensemble pour mener à bien ce projet qui me tenait tant à cœur.
Mais c'est aussi un nouveau départ pour le lycée français de Bucarest.
La pose de la première pierre d'une école, c'est l'un des actes les plus nobles que l'on peut accomplir, et c'est la plus simple expression des raisons pour lesquelles j'ai choisi la fonction publique. Je me sens en effet redevable, comme vous, les représentants de la communauté scolaire, vis à vis de l'enseignement que j'ai reçu. Il m'a donné énormément, comme à beaucoup d'autres. Et nous devons nous assurer que cet acte magnifique qu'est la transmission des savoirs s'exerce dans les meilleures conditions possibles. Le métier que vous faites, mesdames et messieurs les professeurs et les cadres du Lycée, est, faut il le rappeler, un superbe métier, et vous le faites bien.
Le Lycée Anna de Noailles est l'une de nos fiertés, essentiel aux relations franco- roumaine, et il ne méritait pas d'être laissé de côté.
C'est une véritable mobilisation de bonnes volontés qui a permis la pose de cette première pierre. Je voudrais saluer en tout premier lieu le Président Traian Basescu, ses deux premiers ministres Câlin Tariceanu et Emil Boc, grâce auxquels ce terrain, sur lesquels nous sommes, a été mis à la disposition de la Fondation qui va construire l'Ecole. De nombreux ministres nous ont apporté leur concours, parmi lesquels Cristian David, Catalin Predoiu, Daniel Funeriu, Teodor Baconschi. Cet acte généreux a été ratifié à deux reprises par le Parlement roumain, au sein duquel de nombreux amis de la France ont milité pour nous, sans les citer tous, je veux quand même rappeler l'action des sénateurs Mircea Geoana, Cristian Radulescu, Aristide Roibu, du député et ancien sénateur Cristian Dumitrescu. 
Les autorités municipales de la ville de Bucarest ont été, dès le premier jour, à nos côtés pour nous piloter dans le dédale des procédures administratives, et je compte bien entendu sur elles pour nous accompagner dans la phase de construction qui va s'ouvrir dans l'année et demi qui vient.
Enfin, je voudrais saluer les parents d'élèves, français et roumains, qui ont soutenu ce projet et travaillé concrètement, de manière bénévole et parfaitement désintéressée, à sa réalisation. Sans eux, sans leur volonté, rien n'était possible. Ils méritent autant que moi de signer ce document qui va être scellé dans les murs du nouveau bâtiment.
Permettez moi enfin de remercier l'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger, opérateur du ministère des affaires étrangères, et donc, de l’Etat français, qui nous apporte son concours, aussi bien technique que financier, par un apport qui peut être chiffré à  4,2 millions d'euros, c’est à dire près de 22 % du coût du projet. Grâce à elle, qui participe en plus à la rémunération des personnels de l’Ecole, notre futur établissement sera aux normes de l'enseignement le plus moderne.
Au fond, nous avons tous fait un acte de foi et de confiance.
Confiance dans l'avenir des relations économiques franco-roumaines, car la communauté d'affaires, qui soutient activement ce projet, sait combien la qualité de l'enseignement dispensé compte dans les motivations des expatriés.
Confiance dans la francophonie roumaine : c'est l'une de mes fiertés, à l'issue de ce séjour de près de cinq ans en Roumanie, de constater combien elle est vivante et chaleureuse, et de savoir que le futur lycée contribuera à la développer en accueillant 500 à 600 jeunes roumains de talent.
Confiance enfin dans nos relations politiques : c'est par les actes, et non par les accords et les traités, que l'on peut juger de la qualité de ces relations. En offrant, geste unique et exemplaire, ce terrain, la  Roumanie a fait un don à la France. C'est un acte symbolique de générosité que, je suis sûr, la France n'oubliera pas.
Je vous remercie.