Forum "Des carrières pour l'avenir" (17 octobre 2008)

Monsieur le Recteur,
Mesdames, Messieurs,

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté l’invitation de la Chambre de Commerce Franco Roumaine d’ouvrir ce salon pour l’emploi, intitulé à dessein  « DES CARRIÈRES POUR L’AVENIR ».

70 entreprises ont décidé d’être présentes sur ce salon afin d’y proposer plus de 4.000 postes offrant de réelles perspectives de carrières.
Ces chiffres témoignent de la confiance de ces entreprises dans l’avenir de l’économie roumaine.

CES ENTREPRISES, -EN MAJORITÉ FRANÇAISES, MAIS PAS EXCLUSIVEMENT,-SONT TOUTES DURABLEMENT ENGAGÉES EN ROUMANIE.

La crise financière n’ébranle pas leur stratégie, qui est fondée sur un développement durable, reposant sur les besoins réels du marché, et sur une appréciation réaliste des perspectives de croissance du pays.

Comme nombre d’économistes et d’institutions internationales, ces entreprises estiment que la croissance 2009 devrait, certes être, -de plusieurs points-, inférieure au taux record de 2008, mais qu’elle  devrait néanmoins rester significative, autour de 5%, c’est à dire l’un des plus élevés de l’Union européenne.

Moins de surchauffe, des règles prudentielles saines –telles que celles qu’a prises la BNR cet été-, un examen plus rigoureux des plans de financement, constituent des paramètres qui, sans étouffer la croissance, la consolident.

La demande du marché intérieur, stimulée par une progression régulière du pouvoir d’achat, devrait rester dynamique, de même que les investissements, notamment dans les services, les infrastructures, l’agriculture et l’industrie.

L’inflation, qui a commencé sa décrue, devrait progressivement ralentir et être ramenée au cours de l’année 2009 en dessous de 6 %, et passer aux alentours de 4 % en 2010.

En dépit de la crise financière, qui vient doubler la crise économique, la Roumanie apparaît dotée d’une économie réelle saine et en progression, qui devrait bien résister. Mais, elle reste menacée par l’inflation. Pour parvenir à juguler cette inflation, -principale cause de perte du pouvoir d’achat-, il importe d’éviter des augmentations de salaires excessives, qui n’aboutiraient en outre qu’à menacer la compétitivité, et donc les bases de la croissance elle-même.

Dans un contexte international tendu, où les investisseurs examinent plus rigoureusement leurs projets, la confiance inspirée par la politique économique de la Roumanie me paraît prioritaire.

LES ENTREPRISES RASSEMBLÉES PAR LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCAISE EN ROUMANIE CONTRIBUENT A CONSTRUIRE L’AVENIR DE LA  ROUMANIE

Pour faciliter l’accès des étudiants et des salariés aux entreprises sur ce salon, celles-ci ont été regroupées en 5 grands pôles d’activités, qui, tous, jouent  un rôle clé dans la croissance de l’économie roumaine.
Permettez-moi de procéder avec vous à un petit tour d’horizon de ces secteurs et d’y examiner le rôle moteur, voire décisif, qu’y jouent les entreprises présentes sur ce salon.

- Un 1er grand pôle réunit les entreprises des secteurs automobile et mécanique tout naturellement autour du groupe RENAULT DACIA. A lui seul, ce pôle propose sur ce salon plus de 1000 offres d’emplois. Pour les entreprises de ce secteur, la Roumanie revêt une importance stratégique dans la compétition mondiale. Comme vous le savez, la Roumanie constitue la 2ème plate forme industrielle du groupe RENAULT dans le monde.

Rappelons que le groupe RENAULT DACIA, premier investisseur industriel du pays, et deuxième exportateur, emploie à ce jour 16 300 salariés, dont un nombre croissant d’ingénieurs. Avec le centre d’essais de Titu, qui devrait être mis en service fin 2009, le Groupe Renault disposera en Roumanie de l’ensemble des 3 pôles constitutifs d’une filière automobile, à savoir la recherche, -y inclus le design-, les essais et la production. D’un montant d’1,4 milliard d’euros investis à ce jour en Roumanie, les investissements du groupe devraient dépasser les 2 milliards dès 2010. Ces investissements contribuent puissamment à la montée en gamme de l’industrie et des exportations industrielles roumaines, qu’il s’agisse de véhicules ou d’équipements automobiles. Je note que, cette année, pour la première fois de son histoire depuis 1990, le nombre de voitures exportées par la Roumanie dépasse celui des véhicules importés, hissant la Roumanie au rang des puissances industrielles automobiles.

- Un 2ème pôle d’activités réunit les entreprises du secteur des Technologies de l’Information et de la Communication. Ces entreprises sont elles aussi très durablement implantées en Roumanie.  Les investissements en Roumanie d’un opérateur mobile comme ORANGE sont considérables. Il s’agit du montant d’investissements  –entièrement dédiés au marché intérieur- le plus important consenti en Roumanie par une entreprise qui a créé ses activités « ex nihilo ».  Parmi les équipementiers, ALCATEL LUCENT est le plus anciennement implanté en Roumanie, où il a choisi dès 1990, Timisoara et son pôle d’excellence universitaire, comme centre régional pour toute la région des Balkans et de la Méditerranée du Sud Est. La qualité des ressources universitaires et humaines ont également attiré les entreprises de logiciels, qu’il s’agisse de THALES, de PENTALOG ou d’UBISOFT, pour citer quelques noms.  Ces entreprises entraînent de nombreuses sociétés informatiques françaises dans leur sillage qui trouvent en Roumanie un important relais de croissance, et y  développent des équipes d’informaticiens et de chercheurs.

- Un 3ème pôle clé d’activités rassemble les entreprises des secteurs de la construction et des infrastructures. Des groupes français de dimension  mondiale sont aujourd’hui présents sur ce salon, qu’il s’agisse de BOUYGUES ou de VEOLIA. Le développement des infrastructures constitue bien entendu un enjeu crucial, non seulement pour l’amélioration de la compétitivité du pays, mais aussi pour le mieux être de sa population. Dans les prochaines années, je souhaite que les fonds européens et les crédits de la Banque européenne d’investissement viennent aider ces projets. Les nombreux postes de chefs de projet recherchés par les entreprises constituent un indice sérieux de leurs anticipations à cet égard. L’extension et la modernisation des infrastructures constitueront un utile relai de croissance, si le dynamisme –exceptionnel sur ces 3 dernières années- enregistré par le secteur du BTP résidentiel venait à se modérer, ce qui est malgré tout vraisemblable.

- Le 4ème grand pôle d’activités regroupe le secteur des services financiers et des services aux entreprises -conseil, droit, audit, ingénierie-. Globalement, le secteur des services reste trop peu développé en Roumanie, où il représente environ 49% du PIB contre une moyenne européenne de l’ordre de 70 à 75%, selon les pays. Qu’il s’agisse de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, de l’assurance –dommages et vie-, et aussi de la banque, il existe encore des marges de progression. Les excellents résultats annoncés par la BRD sur les 9 premiers mois 2008 témoignent du dynamisme du secteur.

Sur ce point, permettez-moi de souligner toute l’importance des décisions prises hier à l’unanimité, et donc avec l’accord de la Roumanie,  par le Conseil de l’Union européenne pour stabiliser le système bancaire, sous l’impulsion de la Présidence Française.  Quant aux initiatives des Ministres des Finances des pays de la zone euro, elles jouent également un rôle décisif  pour consolider les systèmes bancaires des Etats voisins qui ne sont pas encore passés à l’euro, mais dont les banques sont déjà majoritairement contrôlées par des grands établissements de la zone euro.

- Enfin, le 5ème pôle réunit la majorité des grands noms de la distribution, qui ont eux aussi fait très tôt le pari de la Roumanie et continuent de miser sur son développement.  Les entreprises de la distribution, et de l’hôtellerie et restauration partagent en commun la  nécessité de développer la qualité du « service client » : elles proposent un très grand nombre de postes et d’une ample variété.

Une nouvelle clientèle -celle du monde rural- apparait. Elle commence progressivement, sous l’influence directe et indirecte de la mise en œuvre de la politique agricole commune, à s’intégrer au marché intérieur roumain, qui dispose ainsi de réelles réserves de croissance.

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A l’heure où, partout en Europe, de graves inquiétudes se font jour, sur les perspectives économiques, j’ai souhaité faire devant vous ce tour d’horizon , et pour ne pas allonger, je n’ai pas parlé  de l’agriculture et de l’énergie.

Je veux aussi souligner à quel point les investissements d’origine française participent au développement économique de la Roumanie. 3ème investisseur, après l’Autriche et l’Allemagne, la France offre une présence économique non seulement forte, mais aussi diversifiée et structurante. Depuis le début de 2008, de nouveaux investissements français de grande envergure ont été réalisés en Roumanie, tels ceux de l’assureur GROUPAMA ou du groupe agroalimentaire LACTALIS. Parallèlement, de nouvelles PME – et je salue celles qui sont présentes  sur ce salon- s’installent en Roumanie, souvent dans le sillage des grands groupes, marquant ainsi le début d’une nouvelle génération d’implantations. 

Permettez-moi d’ajouter un dernier mot sur l’importance des filières universitaires francophones -plus de  35- en Roumanie. J’ai dit quelques fois que le français n’était pas seulement la langue de Voltaire, mais aussi celle de Renault. Bien entendu, la langue française ne doit aucunement être une barrière à l’entrée du marché du travail. Les entreprises françaises ici présentes ont besoin en premier lieu de recruter des personnes qualifiées, compétentes, quelles que soient leurs connaissances linguistiques.

Mais  l’apprentissage de la langue française peut et doit s’intégrer dans une formation continue et un parcours de mobilité professionnelle européenne. L’ambassade travaille à la mobilité des jeunes cadres et à leur formation continue, en accord avec les attentes des milieux professionnels qui sont des partenaires actifs, notamment du programme Copernic. Ce programme  s’adresse à tous les jeunes ayant deux à trois ans d’expérience professionnelle, et qui souhaitent approfondir ou diversifier leur profil. A titre d’exemple, des jeunes peuvent accélérer leur carrière grâce à une formation en management qui se déroule sur 12 mois à Paris.
Ce sont donc bien des « carrières pour l’avenir » qui sont proposées ici : avenir collectif de la Roumanie grâce au développement économique et à l’engagement durable des entreprises, avenir individuel de ses citoyens dans le cadre d’une Roumanie pleinement intégrée à l’Union européenne.

Merci à la chambre de commerce de m’avoir invité ce matin pour exprimer ma confiance dans les perspectives économiques de la Roumanie.