Inauguration des Journées européennes de la sécurité routière (13 octobre 2008)

LA LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ ROUTIÈRE : UN ENJEU POUR TOUS LES EUROPEENS

INTRODUCTION - : FAIRE RECULER LA « VIOLENCE ROUTIÈRE »

Trop souvent l’automobile, -qui est aussi une formidable conquête technique et  un instrument de liberté- se transforme en vecteur de destruction et de mort.

Permettez-moi d’évoquer devant vous la mémoire de Cristian Nemescu, que j’ai eu la grande chance de connaître avant sa mort, et qui, comme vous le savez tous,  est décédé à l’âge de 27 ans, dans un taxi percuté à plus de 160 km heure au centre de Bucarest.

Cette violence, quasiment inconcevable, ne peut être laissée sans réponse. Elle touche tous les pays européens, et tout particulièrement la Roumanie.

Les accidents de la route provoquent chaque année la mort de 40 000 personnes  en Europe.

La Roumanie « paye » un tribut très lourd à cette hécatombe : 2 800 personnes y ont perdu leur vie dans un accident de la route.

Ce total tragique équivaut à un ratio 1,5 fois plus élevé de décès que la moyenne européenne.

Ensemble, il nous faut inventer et appliquer une stratégie de préservation de la vie.

La fixation d’un objectif chiffré, même s’il peut paraître toujours insuffisant au regard des vies perdues, peut nous aider à mobiliser les énergies et à mettre en œuvre les mesures nécessaires.

En Europe, nous nous fixons pour objectif de diviser par deux d’ici 10 ans le nombre des accidents mortels.

La violence routière n’est pas une fatalité.

I. PARTAGER NOS EXPÉRIENCES, S ’INSPIRER DES MEILLEURES PRATIQUES EUROPEENNES, ANALYSER LES DONNÉES NATIONALES POUR DES ACTIONS CIBLÉES.

Sans être des modèles de « parfaite conduite », certains Etats Membres ont réussi à faire chuter le nombre des accidents mortels.

Sur la période 2001-2007, les meilleurs résultats ont été obtenus par le trio de tête suivant : France avec une diminution des décès de - 43%, Portugal avec – 42% et Luxembourg avec – 38%.

En 2001, la France détenait le triste record du plus grand nombre de victimes annuelles d’accidents de la route avec 8 162 décès. En 2007, 4 620 étaient décès étaient enregistrés après une baisse constante de 5 à 10% par an.

C’est en s’appuyant sur l’expérience de ses voisins, que la France a rénové, à partir de 2002, sa politique de sécurité routière.

Tous les pays ayant obtenu des résultats ont mis en place un triptyque cohérent - prévention + contrôle + sanctions-  destiné à faire évoluer le comportement des conducteurs.

Rappelons que le comportement humain est en cause dans près de 80% des accidents de la route. Les politiques mises en place visent toutes à accroître sa « responsabilisation ».

Du côté des actions de prévention, citons -outre les efforts des constructeurs eux-mêmes pour sécuriser les automobiles-, l’importance des obligations règlementaires,  que celles-ci soient liées à la maintenance du véhicule, à la signalisation des piétons et des cyclistes, au repos des chauffeurs routiers, etc.

Les instruments de contrôle fondés sur les nouvelles technologies - radars, bases de données interconnectées, etc-  constituent autant de soutiens pour vérifier le respect des obligations des conducteurs et mettre en œuvre les sanctions nécessaires.

Du côté des sanctions, l’introduction du permis à points a, en France, constitué un véritable « tournant ».

Bien entendu, le choix des  actions mises en œuvre doit être fondé sur l’analyse précise des données, y compris statistiques. Par exemple en Roumanie, il est très intéressant de constater qu’un grand nombre d’accidents ont lieu en villes ou dans des agglomérations, soit près de 80%, contre une moyenne de 60% dans l’ex UE 25.  En conséquence, les piétons constituent une population très exposée aux risques, qui doit être plus particulièrement protégée.

Ce mercredi 15 octobre, le Groupe Renault organise,  -en coordination avec les Ministères des Transports, de l’Intérieur&de la Réforme administrative, et de la Santé, notamment son Service des Urgences Médicalisées (le  SMURD)-, un séminaire intitulé « Accidents de la Route et accidentés » 

Ce séminaire permettra de faire l’état des lieux des données les plus récentes liées à l’accidentologie, en  Roumanie et en Europe. Y seront abordées des questions très concrètes, telles que celles-ci :
- comment sécuriser le lieu de l’accident ?,  sujet sur lequel interviendra un expert de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale française,
- - comment réagir à un accident incluant un transport de matières dangereuses ?
- - comment médicaliser d’urgence les accidentés de la route ?
Je vous invite tous et toutes à y participer.

II. AGIR EN COMMUN  A L’ECHELLE EUROPEENNE CONTRE L’INSÉCURITÉ ROUTIERE

Face à un problème commun, les européens se doivent d’apporter des réponses communes, et non discriminatoires entre ressortissants des différents Etats membres de l’Union européenne.

La France souhaite qu’il soit mis fin à la discrimination entre les conducteurs résidents et les conducteurs non résidents.

Actuellement, au sein de l'Union européenne, il suffit de traverser une frontière pour qu'une infraction reste sans suite.

Les non résidents bénéficient ainsi, de fait, d’une impunité injustifiable, démoralisante pour les victimes et leurs familles.

En France, grand pays de transit, une infraction sur sept est commise par des conducteurs de véhicules étrangers, et cette situation est loin d'être unique en Europe.

Inspirée par un accord bilatéral qu’elle a signé avec l’Allemagne, la France a encouragé la Commission à proposer en mars 2008 un projet de directive sur les sanctions transfrontières.

Il s’agit de permettre à tous les Etats membres d’être en mesure d’identifier et de sanctionner un conducteur européen qui a commis une infraction dans un Etat membre autre que celui où son véhicule est immatriculé.

La Présidence française propose de « communautariser » les 4 infractions visées : excès de vitesse, non respect des règles d’alcoolémie, absence de port de la ceinture, violation du feu rouge.

La portée du texte dépasse les seules sanctions. Le projet devrait aussi avoir un impact fort en termes de dissuasion : la mise  en place d’un  réseau intracommunautaire d’échanges de données devrait permettre d’avoir un effet réellement dissuasif sur les contrevenants, aussi bien à l’extérieur de leur territoire national qu’à l’intérieur.

Il est positif de constater que ce projet fait déjà l’objet d’un large consensus parmi les Etats membres.

Le Parlement européen estime, quant à lui, que ce projet est essentiel à l’amélioration de la sécurité routière en Europe.

La France souhaite parvenir, avant la fin de sa Présidence, au moins à un accord politique sur  ce projet. 

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Ces premières journées de la sécurité routière organisées en Roumanie constituent la première étape d’une nouvelle dynamique  et d’une prise de conscience grandissante.

Je vous souhaite à tous et à toutes d’utiles travaux et espère vous revoir l’année prochaine, à la même date, avec de premiers résultats et un cadre d’action communautaire en place.