Inauguration du Pavillon France au Salon Indagra (10 novembre 2010)

-    Le pavillon France – édition 2010

Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Ministre, de vous remercier de nous faire l’honneur de votre présence pour l’inauguration du pavillon France à Indagra, qui reste un évènement incontournable pour le secteur de l’industrie agro-alimentaire en Roumanie.

Ce pavillon français s’inscrit dans une relation très forte entre la Roumanie et la France, particulièrement dans le domaine économique et commercial où le dynamisme de nos échanges bilatéraux se renforce depuis le début de l’année, malgré une situation économique locale qui reste difficile.  Nos exportations vers la Roumanie sur le 1er semestre ont crû de 14%, plus particulièrement dans le domaine industriel ; les ventes de la Roumanie à la France ont augmenté de 36% sur les 6 premiers mois de l’année, grâce notamment au succès des modèles de Dacia. Plus que jamais la France reste un partenaire de tout premier plan de la Roumanie, et je m’en réjouis.

Ce partenariat se traduit aujourd’hui par ce pavillon français, organisé par Ubifrance en partenariat avec les organisateurs du salon ROMEXPO que je remercie. Il regroupe 24 entreprises, dont une très grande majorité de PME. Monsieur le Ministre, quelle meilleure preuve de la confiance de la France et de ces entreprises  dans l’économie roumaine et dans son avenir.

Malgré la conjoncture actuelle, les entreprises françaises continuent à se mobiliser pour participer aux principales manifestations roumaines et je profite de cette occasion pour remercier les entreprises françaises présentes aujourd’hui. Ces dernières sont actives dans le secteur des équipements et du machinisme agricole, dans celui de l’élevage et de l’épicerie fine, domaines dans lesquels la France figure parmi les leaders mondiaux : la France est ainsi le 4ème exportateur mondial de machines agricoles, avec une part de marché de près de 7%. Dans le secteur de l’élevage, elle possède le cheptel bovin le plus important d’Europe, avec 19 millions de têtes ; elle a par ailleurs une production ovine très diversifiée, avec 30 races et un cheptel de plus de 8 millions de têtes. Enfin, le cheptel porcin s’élève à 15 millions de têtes.

Je suis très fier d’avoir, comme l’an dernier, l’un des plus importants pavillons étrangers au TIB, avec l’Espagne et l’Autriche.

Je tiens enfin à souligner que les entreprises françaises, malgré les difficultés actuelles, sont durablement engagées dans votre pays même si certaines ont provisoirement gelé ou reporté des investissements pour traverser les turbulences. La crise n’ébranle pas leur stratégie, qui n’est pas spéculative, mais qui est fondée sur un développement durable, reposant sur les besoins réels du marché, et sur une appréciation réaliste des perspectives de croissance du pays. Mais ces sociétés ont également besoin de signaux positifs de la part des autorités roumaines pour qu’elles se sentent sécurisées dans leurs investissements. Elles attendent des règles du jeu claires, des procédures transparentes et un cadre législatif stabilisé. Combinées aux avantages comparatifs de la Roumanie qui sont déjà bien connus de nos entreprises, ces orientations permettraient de préparer au mieux les investissements de demain, pour que la Roumanie et la France continuent à gagner ensemble.
 
-    La réforme de la PAC post-2013

Comme vous le savez tous, l’avenir de la politique agricole européenne se prépare dès aujourd’hui. Je voudrais en quelques mots indiquer où nous en sommes sur ce sujet alors que la Commission européenne diffusera le 17 novembre prochain sa communication sur la politique agricole commune (PAC) à l’horizon 2020.
Le partenariat stratégique entre la France et la Roumanie avait prévu un dialogue politique dans le cadre de l’Union européenne en incitant à trouver des positions convergentes, notamment en ce qui concerne les réflexions sur l’avenir des politiques communautaires à compter de 2014, et en particulier au sujet de la révision de la PAC post 2013.

Les travaux préparatoires au groupe de travail prévu sur ce sujet ont avancé, dans le cadre d’une étude réalisée par le service économique de cette Ambassade, qui fait état des éléments de réflexion présentés par les autorités roumaines, recueillies dans le cadre d’entretiens auprès d’interlocuteurs des ministères concernés et d’instituts de recherche, ainsi que lors de différentes réunions et conférences organisées sur le sujet.

Par ailleurs la position officielle franco-allemande sur la réforme de la PAC a été diffusée le 14 septembre dernier par un communiqué de presse conjoint de Bruno LE MAIRE, ministre français de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, et Ilse AIGNER, ministre fédérale allemande pour l'Alimentation, l'Agriculture et la Protection des consommateurs qui était d’ailleurs en Roumanie la semaine dernière. Cette position vise à faire face aux nouveaux défis et aux nouvelles attentes en matière d’alimentation, de biomasse et d’environnement car l’agriculture est au cœur des défis auxquels notre société se trouve confrontée.

Elle assure en effet l’alimentation des êtres humains, fournit des matières premières renouvelables, protège l’environnement, crée des emplois et conforte la viabilité des différentes régions de l’Union européenne.
Elle constitue ainsi une activité stratégique, qui fait pleinement partie de la stratégie «Europe 2020».
Les mots-clés de la position franco-allemande sont les suivants :
-    L’Union européenne a besoin d’une PAC forte au-delà de 2013. Il est nécessaire de disposer de ressources à la hauteur de nos ambitions.
-    Le modèle à deux piliers de la PAC (aides directes et marché d’un côté, soutien au développement rural de l’autre côté) doit être maintenu afin de faire face aux défis futurs. Cependant, nous sommes partisans de sa simplification et de sa modernisation.
-    La répartition entre les deux piliers doit être à la fois transparente et fiable. C’est l’abandon de la « modulation » qui permettait de faire passer des crédits du premier pilier sur le deuxième.
-    Les instruments existants peuvent être développés davantage pour répondre de manière plus efficace aux nouveaux défis et objectifs, tels que l’environnement et le maintien des activités agricoles.
-    La politique en faveur des zones montagneuses et défavorisées est essentielle. C’est aussi un sujet qui nous rassemble, Monsieur le Ministre, si j’en crois vos récentes déclarations.
-    La France et l’Allemagne sont opposées à toute renationalisation de la PAC par le biais d’un co-financement des paiements directs aux exploitants, et je crois que vous partagez, Monsieur le Ministre, cette préoccupation.
-    Il s’agira aussi de mettre en place des instruments de marché adaptés pour conforter la compétitivité de l’agriculture européenne.
-    Compte tenu de la volatilité croissante des prix agricoles, nous avons besoin d’une plus grande transparence et d’un pouvoir de négociation plus fort pour les producteurs dans certains secteurs (par exemple par l’établissement de contrats-types pour le secteur agroalimentaire dans le respect des règles du marché unique).
-    S’agissant des aides du premier pilier, les paiements directs rémunèrent des biens publics non rémunérés par le marché, compensent les surcoûts de production induits par des normes de production plus exigeantes souhaitées par la société, contribuent aux revenus des agriculteurs et constituent un élément essentiel du filet de sécurité destiné à réduire les risques pour l’agriculture européenne. Les paiements découplés doivent continuer de jouer un rôle central à l’avenir. La France et l’Allemagne prennent acte des discussions sur la redistribution des montants entre les États membres dans le cadre d’une répartition juste et adéquate des ressources financières. Dans ce contexte, il faut souligner qu’un taux unique pour toute l’Europe n’a pas de justification et ne correspond pas aux conditions économiques au sein de l’Union.
-    S’agissant du deuxième pilier, une approche intégrée des territoires ruraux, comprenant des mesures pour la diversification de l’économie rurale, la qualité de vie dans ces territoires, ou des démarches faisant appel à des politiques transversales, a démontré sa pertinence et doit continuer de faire partie de la future PAC, tout en assurant une coordination plus étroite entre développement rural et fonds structurels.
Nous continuerons bien entendu, Monsieur le Ministre, à travailler ensemble sur tous ces sujets, pour que la France et la Roumanie puissent, en tant que grands pays agricoles de l’Union européenne, porter une voie la plus commune possible pour cette politique d’avenir.