Deschiderea celei de-a 5-a editii a Forumului "Innover en français" (19 martie 2010)
Monsieur le Ministre,
Mesdames, Messieurs les Inspecteurs,
Mesdames, Messieurs les Professeurs,
Chers amis,
J’ai l’immense plaisir d’ouvrir ce matin la 5ème édition d’Innover en français, ce Forum initié en 2006 lors du XIème Sommet de la Francophonie et devenu depuis le rendez-vous annuel des professeurs de français de Roumanie.
Mais vous êtes-vous interrogés et demandé pourquoi l’Ambassade de France s’unit au ministère de l’Education, à l’Association roumaine des professeurs de français, à la Délégation Wallonie-Bruxelles et à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour organiser ce rassemblement de 450 professeurs et inspecteurs de français ?
La réponse nous en est donnée par Monsieur Abdou Diouf, Secrétaire général de l’OIF dont l’institution fête ses quarante ans cette année. Dans son message anniversaire, il rappelle que la francophonie repousse les frontières et gagne à la cause d’une foi partagée en des valeurs universelles : « Si la Francophonie a pu résister à l’épreuve du temps, si elle a su se régénérer et se réformer tout en restant elle-même tout au long de ses quarante ans, … c’est aussi grâce à la langue et aux valeurs qui nous fédèrent.
Car c’est bien la langue française qui confère à notre famille ce supplément d’âme, cette spontanéité dans la solidarité, cette inter-compréhension dans le dialogue, cette conscience aiguë de notre ressemblance dans la différence et de notre communauté de destin, par-delà nos disparités et nos divergences ».
C’est la raison pour laquelle la francophonie mérite de revenir au cœur du débat en Roumanie : c’est une force politique que l’on n’évalue pas à sa juste valeur. A la date où la France et la Roumanie célèbrent leurs 130 ans de relations diplomatiques, les intérêts et les attraits communs de nos deux pays, dans leurs relations internationales et au plan national, peuvent être défendus par la francophonie. La francophonie est la seule fédération bâtie autour d'une langue et offrant un autre choix face à l'anglais. L’anglais et le français sont les seules langues à partager un trait capital : leur présence sur les cinq continents. Le linguiste Claude Hagège souligne, dans une tribune récente du Monde, que cette universalité justifie une politique résolue et que la promotion de la diversité linguistique du monde est solidaire de celle du français. Il affirme que la France, au lieu de donner au seul anglais une présence croissante dans l'enseignement, doit introduire dès le début de l'école deux ou trois autres langues. La place éminente de la langue française est totalement compatible avec la construction européenne. Il revient à chacun, au sein des entreprises, au sein des écoles, dans la vie quotidienne, de redonner sa place au français, par là même de promouvoir ainsi la diversité linguistique du monde, et de se servir de la francophonie comme levier politique d’une démarche affirmée, porteuse de valeurs communes.
La France et la Roumanie, en promouvant le français au nom de la francophonie, s’inscrivent dans la mondialisation et s’en font un atout ; elles affermissant leur présence parmi les puissances économiques d'aujourd'hui tout en défendant leur propre identité et leur propre langue.
Etre professeur de français aujourd’hui en Roumanie, c’est donc être porteur de ce message de valeurs universelles partagées. Je suis fier d’être aujourd’hui devant vous, car vous êtes pour moi 450 ambassadeurs du français en Roumanie : vous contribuez quotidiennement à la diffusion de ces valeurs sur l’ensemble du territoire roumain. Soyez-en chaleureusement remerciés. Sachez que je compte sur vous et que vous pouvez compter sur moi.
Mais une question encore : comment transmettre à vos élèves que le français est porteur de cette vision du monde et donc synonyme de modernité ? Vous avez la réponse dans le titre du Forum qui nous rassemble aujourd’hui : « Innover en français ».
Vous êtes avec ce Forum dans la droite ligne d’une réflexion et d’une évolution toujours renouvelée de l’enseignement pour en garantir la qualité.
Si le français est bien présent dans le système scolaire, il est en constante évolution. Il est donc tout à fait essentiel de suivre les nouveautés pédagogiques pour adapter son enseignement à de nouvelles générations d’élèves et pour conserver le niveau d’excellence qui fait la réputation de la Roumanie dans l’apprentissage du français.
Les temps sont certes difficiles et les contraintes financières pèsent sur les décisions politiques. Nous ne pouvons l’ignorer. Mais nos objectifs restent les mêmes : il faut donc recourir à une mutualisation des savoirs et développer des outils de qualité qui ne requièrent pas de budgets lourds.
Je pense ici notamment aux ressources numériques et voudrais donner l’exemple du travail développé par les services de mon ambassade. Le site VizaVi, conçu initialement pour les professeurs enseignant dans les sections préparant au baccalauréat bilingue, bénéficie évidemment à tous les professeurs de français en lycée. Ce site rencontre d’ailleurs un succès tel qu’un élargissement de la plate-forme à l’ensemble des professeurs de français de Roumanie est prévu cette année. Ces sites sont des outils collaboratifs ; vous les alimentez par vos contributions respectives, ils deviennent ainsi un point de convergence et de référence en matière de ressources pédagogiques auxquelles vous avez tous accès. C’est bien, d’ailleurs, ce qui fait la clé de leur succès.
Je pense aussi aux ressources audio-visuelles de grande qualité que développent les francophones. Ce sont des outils très appréciés des élèves. Plusieurs ateliers du forum vont vous permettre d’en découvrir les exploitations pédagogiques. C’est pour ainsi dire une primeure, car nous prévoyons une campagne de diffusion massive de ces outils à l’attention des 9300 professeurs de français de Roumanie à la rentrée 2010 et je remercie ici M. Denis Rousset, PDG de Groupama, pour le soutien qu’il nous apporte dans cette action.
Toutes ces nouvelles technologies et ces outils doivent entrer en classe aujourd’hui pour que le français puisse être à la pointe de l’enseignement. Offrons aux jeunes des méthodologies d’apprentissage ouvertes sur leur entourage et le monde contemporain. Cela requiert une adaptation de la part des professeurs et bouscule parfois les habitudes. Le professeur n’est plus le détenteur unique du savoir. Les élèves ont accès aux mêmes sources que les maîtres. Il y a un déplacement de positionnement du professeur qui doit désormais enseigner comment gérer les connaissances et développer les compétences d’un élève pour accéder et hiérarchiser ces savoirs. C’est un enrichissement et une valeur apportée considérables au métier d’enseignant.
Nous avons nous-mêmes associés nos forces et nos réflexions pour avancer ensemble. Je tiens à adresser mes chaleureux remerciements à tous ceux qui oeuvrent en ce sens : le ministère de l’Education, de la recherche, de la Jeunesse et des sports, l’ARPF, la Délégation Wallonie-Bruxelles, l’Organisation internationale de la Francophonie, tous les intervenants et les institutions qu’ils représentent, Groupama, Orange et enfin l’université de Bucarest et sa faculté de droit qui accueille aujourd’hui les 500 participants au forum.
Nous sommes tous réunis avec la même volonté d’un enseignement du français à la hauteur de nos ambitions. Unissons nos efforts pour porter ensemble Innovation et Francophonie. C’est à ce prix que nous pourrons affirmer la place du français en Roumanie.
Je vous remercie.
