Ouverture du Festival du Film Français 2011 (21 octobre)

Chère Carole Bouquet,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Je ne peux pas dire mieux que le titre qui s'affiche en première page de Romania Libéra de ce matin, avec une magnifique photo : " Carole Bouquet revient à Bucarest ".

Oui, vous revenez à Bucarest, après avoir séduit le public de Bucarest, mais aussi de nombreuses villes du Monde, par votre lecture inspirée des lettres de Antonin Arthaud à son amante roumaine Genica Athanassiou.

Vous revenez parce que vous aimez la Roumanie et parce que vous voulez la connaitre mieux.

Vous revenez, et c'est un immense plaisir pour nous, pour lancer notre Festival du film français avec le film de André Techiné, "Impardonnables", un film délicat, singulier et raffiné, un film qui habite Venise dans tous les sens du terme, et qui est habité par cette ville, m'avez vous dit.

Une fois encore, le plaisir du cinéma va faire vibrer à l'unisson la France et la Roumanie. C’est un amour que nous avons en partage, et vous le savez, c'est un des axes forts de notre coopération. Cette année,  le  Festival du Film Français prend une réelle dimension nationale puisqu’il s’étend également à Timisoara, Sibiu et Cluj. Avec la création en Roumanie d'un Institut français unique, je souhaite en effet démultiplier notre action, et concevoir plus de programmations nationales de nos événements culturels.

Nous sommes au milieu d'un temps fort consacré par l'ambassade et l'Institut français au cinema et à l'audiovisuel. Il a commencé avec la projection des « Films de Cannes à Bucarest » voulu par Cristian Mungiu et Thierry Frémaux, délégué général du Festival International de Film de Cannes.

Puis, avec notre festival, du 21 au 28 octobre à Bucarest et jusqu’au 6 novembre en province, nous proposons plus de 22 films, dont sept avant-premières exclusives en Roumanie. Nous voulons, avec l'aide des distributeurs, illustrer la diversité et la richesse du cinéma français d'aujourd'hui, dont la palette est très riche.  Elle va du documentaire, comme « Nous Princesse de Clèves », au film d'animation et à la fiction inspirée par la politique, je pense par exemple, à « La conquête » en passant par le drame du quotidien avec le tout nouveau film « La guerre est déclarée » promis à un très bel avenir.

Bien sûr, un accent particulier sera porté aux premiers films car il est important de donner à voir le renouveau du cinéma, et c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas oublié non plus les courts-métrages.

Le Festival rendra cette année hommage à Patrice Leconte, qui nous fera lui aussi le plaisir de sa visite. De « Ridicule » aux « Bronzés », de « La Fille sur le pont » à « Voir la mer », Patrice Leconte explore tous les aspects du cinéma. Je suis sûr que sa rencontre avec les étudiants de cinéma sera très enrichissante.

Nous avons voulu nous adresser aussi aux professionnels de l'audiovisuel et du cinema. Nous venons de tenir les 4èmes Journées Franco-Roumaines de l’Audiovisuel et du Cinéma consacrées cette année  aux enjeux stratégiques de la diffusion numérique. La révolution numérique concerne l'ensemble des industries culturelles, il est temps que la France et la Roumanie échangent et partagent leurs expériences et leurs préoccupations sur ce sujet. Nos débats ont été, je crois pouvoir le dire, particulièrement riches.

Permettez moi enfin de remercier le public roumain et les professionnels de la profession, comme disait Godard, de répondre nombreux à nos propositions.

C'est pour vous, avec le concours du ministere francais des affaires étrangères, et de mécènes francais et roumains, que nous avons entrepris la rénovation de la salle de cinéma Elvire Popesco, de l’Institut Français., dont la réouverture est prévue au début de l'année prochaine. Elle n'était plus digne de vous accueillir. Nous allons en faire un « véritable cinéma des cinéastes » pour ce public roumain particulièrement cinéphile.

Je vous souhaite à tous un bon festival et une bonne projection, et je laisse la parole à notre invitée d’honneur, Carole Bouquet.