Remise des insignes d'officier dans l'Ordre National du Mérite à M. Irinel Popescu

Cher Irinel Popescu,   
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

J’ai le privilège de remettre ce soir les insignes d’Officier dans l’Ordre National du Mérite au Professeur Irinel Popescu, entouré de ses pairs et de ses amis venus célébrer cette distinction exceptionnelle que la République française réserve à ceux qui ont rendus d'éminents services à la société.
Il m'est particulièrement agréable de le rendre, cet hommage, à un très grand médecin, ici en Roumanie, qui s’inspire de la grande tradition de la médecine française. Votre parcours de vie, cher professeur Popescu, rend l’exercice des louanges assez aisé, puisqu’il apparaît que vous avez cheminé de la réussite vers la consécration, en assumant la responsabilité d’une spécialité dans laquelle le nombre de malades ne cesse hélas de croitre, et alors que peu de chirurgiens dans le monde ont acquis les connaissances leur permettant de réaliser des opérations complexes de chirurgie hépatique.
Votre carrière témoigne, en outre, à mes yeux, d’une remarquable volonté et ténacité pour faire progresser la médecine dans votre pays, que vous n’avez quitté que pour vous perfectionner. Cela seul a valeur d'exemple.
J’ajouterais qu’en tant qu’ambassadeur, j’accorde une grande importance au secteur de la santé. Vous pouvez mieux que quiconque en témoigner, les collaborations entre professionnels français et roumains sont nombreuses et les échanges constants. Certaines ont même porté des fruits bien visibles comme la participation des pompiers à la création du SMURD, un service pour lequel les Roumains ont pour le moins clairement fait valoir leur attachement : tant il est vrai qu’une population a besoin, tout autant que du savoir-faire du corps médical que nous célébrons ce soir, de services de santé fiables et transparents. Aussi  je suis convaincu que beaucoup plus de coopérations institutionnelles pérennes pourront s’établir à l’avenir entre les établissements de santé de nos deux pays.

L’institution qui tient une place centrale dans votre vie, cher Irinel Popescu, c’est l’Institut FUNDENI, qui accueille plus de 50 000 personnes par an et dont vous dirigez depuis 10 ans la section de chirurgie générale.

Vous y avez fait vos premières armes en y obtenant votre diplôme de chirurgien au début des années 1980, et vous vous y êtes dès lors montré inépuisable pour développer des techniques nouvelles et utiliser les procédures les plus avancées.

Vous y avez ainsi réalisé la première greffe du foie effectuée en Roumanie, ainsi que la première greffe d’un foie partagé entre deux receveurs, ou encore les impressionnantes greffes domino. Cette semaine encore, vous venez de réaliser une première dans votre pays par une opération extraordinairement délicate de remplacement d’un foie atteint de métastases cancéreuses. 

Il se trouve que cette capacité à entreprendre des interventions novatrices et audacieuses rappelle celui qui a mis au point certaines des techniques citées ci-dessus, le professeur Henri Bismuth, de l’Institut Paul Brousse, en région parisienne, précurseur et expert international reconnu dans le domaine hépato-biliaire qui fut dans les années 70, l'un des rares Chirurgiens dans le monde à lancer un programme de transplantation hépatique, et un immense chirurgien auprès duquel vous vous êtes formé.

Car, si vous n’avez jamais perdu de vue votre ambition de faire progresser votre spécialité dans votre pays, vous avez aussi très vite saisi l'importance d'une formation auprès de confrères étrangers.

Ainsi, après avoir effectué un stage de transplantation hépatique en 1990 dans la clinique du professeur Henri Bismuth, vous avez fait plusieurs années de recherche aux Etats-Unis, tout d’abord au département de transplantation d’organes de l’Université de Pittsburgh, puis à l’Hôpital Mont Sinaï de New York.

Vous vous dites aujourd’hui volontiers toujours marqué par la tradition médicale française et avez développé plusieurs collaborations avec l’Institut Gustave Roussy, avec l’Institut Pasteur, avec l’INSERM sur un financement du PHC Brancusi, ou encore à travers l’invention d’une technique d’évaluation de l’évolution des tumeurs.

J’aimerais croire que vous avez puisé également à cette source française un peu de votre intérêt pour les questions de santé publique, intérêt qui s’est illustré dans votre poste de directeur adjoint de la santé de la ville de Bucarest entre 1995 et 1997 et lorsque, en 2009, vous avez pris la tête de la caisse nationale d’assurance santé.

Car Professeur Popescu, si vous êtes un grand chirurgien, vous êtes également un homme de la cité, soucieux de s’investir dans la vie publique.

Tout d’abord sur les questions qui touchent directement à votre pratique professionnelle : je pense ici notamment aux campagnes publiques en faveur du don d’organes menées avec l’association ROMTRANSPLANT, à votre rôle pivot dans la mise en œuvre en Roumanie des recommandations du Conseil de l’Europe sur les transplantations, et encore bien entendu à votre présidence plus récente  de l’Académie des Sciences Médicales.

Médecin engagé sans demi-mesure, vous avez enfin fait état de convictions politiques plus larges et de votre soif de prendre part au destin national en étant élu sénateur de Dolj en 2004 pour le Parti Conservateur.

Irinel Popescu, parce que sur le terrain sur lequel vous avez choisi de vous battre au premier rang, celui de la médecine, vous incarnez le progrès constant de la recherche, au bénéfice de tous les malades, au nom du Président de la République française je vous fais Officier dans l’Ordre National du Mérite.