Rencontre de l'Ambassadeur avec M. Frédéric LASNIER, Président de Pentalog Roumanie

Existe-t-il un rapport entre une langue et une culture d’entreprise ?
Texte publié sur
Pentablog, le blog de Pentalog

C’est étonnant mais Henry Paul et moi ne nous étions jamais rencontré en face à face. On me l’avait dépeint comme un homme de culture mais j’ai rencontré quelqu’un de parfaitement au fait de l’économie roumaine. Bien entendu, comme à chaque fois que je rencontre un représentant local du quai d’Orsay, je lui ai parlé de l’effort constant que fait Pentalog dans l’apprentissage de la langue française. Dans l’ensemble de nos agences, les cours de langues, le français en tête, sont permanents. 80% des pentaloguiens, dans le monde s’expriment en français courant. Ce chiffre grimpe même à 90% en Roumanie et fait de Pentalog l’entreprise faisant le plus d’efforts du pays en la matière, tous métiers confondus.

Particulièrement sensible à la question de la langue en tant qu’ambassadeur, Monsieur Paul m’a orienté sur le rapport qui existe entre la langue d’une entreprise et son identité , en me rappelant qu’en temps de crise, les entreprises faisant la preuve du plus de résilience, sont celles dont la culture d’entreprise est la plus forte. Le récent festival Pentastock, pour les 5 ans de Pentalog Moldavie, et les 10 ans de Pentalog Roumanie ont marqué les esprits en la matière.

Il m’a demandé ce que je pensais de l’importance du français dans l’affirmation de la culture de Pentalog. Je ne m’étais jamais posé la question. Et puis, en y réfléchissant un peu plus, j’ai commencé à esquissé une réponse. Nous sommes une entreprise internationale mais son bulletin de naissance est français. Elle est donc française et la langue de toutes ses instances dirigeantes est le français. Encourager et soutenir son développement n’est pas seulement un impératif commercial. C’est aussi une vraie question de management. Le français est une langue politique et diplomatique ; elle ne se contente pas d’exprimer nos décisions, elle les « intentionne » et projette dans les esprits un sens amplifié. Vais-je trop loin ? Est-ce un plaidoyer pro-domo, franco-frenchy ?

Négatif. Ne pas avoir de filtre, ou d’intermédiation linguistique, entre les décisions de gestion et ceux auxquelles elles s’appliquent ou qui doivent les appliquer est bien constitutif d’une culture commune… La traduction affaiblit le sens. Ce blog, ou chaque article est d’abord rédigé en français n’est-il pas une autre expression de cette culture d’entreprise ? Serait-il le même si nous rédigions d’abord en anglais ? Vous ne serez pas surpris d’apprendre que le deuxième pays, en terme de lecture du blog en français… est la Roumanie :)

Pour préparer cet article, j’ai interrogé un peu mes amis et collègues roumains. Pour eux, Pentalog est une entreprise probablement plus internationale que ses concurrentes locales. Le recours à la langue de Molière est enrichissant pour tout le système de management, qui devient ainsi nécessairement multilingue. Ce choix, de ne pas avoir à recourir à l’anglais comme langue officielle, nous conduit à pratiquer plusieurs langues. La centaine de collaborateurs non francophones, la nature des événements et des réunions nous amènent à avoir régulièrement recours en interne à l’anglais et au roumain, sans doute aussi l’allemand, et y compris dans des réunions avec des français. Je viens de voir Eric animant avec passion une réunion en roumain (mais comment parler roumain autrement qu’avec passion ;) )Le vietnamien et le russe ne sont pas des langues que nous pratiquons professionnellement, même si elles sont très fortes dans l’entreprise. Je n’oublie pas que nous avons des collaborateurs qui parlent magyar, hébreu, ukrainiens…

Une entreprise qui ne parle QUE l’anglais n’est naturellement pas multilingue et ne développera pas aussi facilement l’empathie avec les nouveaux marchés et leur culture. Je doute qu’elle soit naturellement plus ouverte qu’une entreprise qui a choisi de garder sa langue originelle en même temps qu’elle reconnaît celles des groupes nationaux et ethniques qui la composent, ou auxquels elle adresse ses productions.

Je réponds donc sans aucune hésitation à l’affirmation de Monsieur Paul. Il a raison. Conserver et développer la langue de naissance d’une compagnie contribue fortement à l’affirmation d’une identité d’entreprise, dans un monde des affaires qui rêverait de ne parler que l’anglais. Cela devient un symbole distinctif essentiel entre tous. Ce rêve qu’elles font n’est d’ailleurs pas porteur d’efficacité. Il est tout bêtement simpliste et n’ouvre pas les esprits… ce que le business et l’international requièrent en tout premier lieu.