Séminaire "L’organisation des élections à l’étranger, l’expérience française"

L’Ambassade de France en Roumanie et le Centre régional francophone de recherches avancées en Sciences sociales (CEREFREA) ont organisé vendredi, 23 janvier, le séminaire « L’organisation des élections à l’étranger, l’expérience française », qui a réuni plus de 60 spécialistes et représentants de la société civile.

Ce séminaire s’est proposé de partager l’expérience française dans le domaine de l’organisation des élections s’est déroulé en présence de M. François Saint-Paul, ambassadeur de France en Roumanie, de M. Sylvain Riquier, directeur adjoint au sein de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire du ministère français des Affaires. M. Ioan Pânzaru, directeur du Centre régional francophone de Recherches avancées en Sciences Sociales (CEREFREA Villa Noël), a été le modérateur des débats.

Parmi les nombreux invités, ont été présents : M. Călin Popescu-Tăriceanu, président du Sénat, M. Eugen Nicolicea, Ministre délégué, chargé de la relation avec le Parlement, M. Bogdan Mazuru, Ambassadeur de Roumanie en France, et Mme Ana Maria Pătru, présidente de l’Autorité électorale permanente.

La société civile et le milieu universitaire ont été représentés par M. Radu Carp, Mme Sanda Pralong, Mme Silvia Marton, M. Mircea Kivu, M. Septimius Pârvu et Mme Elena Calistru.

M. l’Ambassadeur François Saint-Paul et M. Riquier ont largement expliqué le fonctionnement du système électoral français, mettant en évidence les éléments qui pourraient être utiles et applicables en Roumanie.

L’Ambassadeur de France a déclaré que l’organisation rigoureuse des élections est très importante, ce qui signifie également des investissements au niveau des ressources humaines mais aussi des investissements financiers ».

L’Ambassadeur de France a également souligné l’importance d’un nombre correct de bureaux de vote par rapport au nombre d’électeurs, précisant que dans le système français, il y a un bureau de vote pour environ 1.200 électeurs. Lors des dernières élections présidentielles ont été créés 750 bureaux de vote à l’étranger pour environ 1.200.000 électeurs.

Parmi les éléments du système de vote français qui pourraient être appliqués en Roumanie, M. Saint-Paul a miqs en évidence l’introduction des listes consulaires. A ce sujet, l’Ambassadeur de France a déclaré : « Je pense qu’à long terme les listes consulaires représentent un système très efficace afin de bien planifier les choses, afin de construire une expérience administrative et, s’il est accompagné par un système de procurations, cela pourrait constituer une solution. Mais cette orientation à long terme – le principe des listes électorales consulaires à l’étranger – doit être examinée avec beaucoup d’attention. Pour aller dans cette direction, rien ne peut être fait sans la société civile. En d’autres mots, la question des moyens, humains et financiers, demeure un problème qui doit être résolu. C’est le problème qui doit être réglé avant les prochaines élections et qui est prioritaire par rapport au nombre des bureaux de vote ».

Les citoyens français de l’étranger qui souhaitent voter doivent obligatoirement s’inscrire au préalable sur les listes électorales consulaires, le système de vote en France n’offrant pas la possibilité d’avoir des listes supplémentaires.
Selon l’Ambassadeur français, d’autres solutions afférentes au vote à l’étranger pourraient être envisagées, à savoir : l’introduction du système de vote par procuration, l’organisation du scrutin sur deux jours etc.

Au sujet du vote électronique, M. Saint-Paul a expliqué qu’il s’agissait d’un « système très compliqué », qui supposait un travail difficile et minutieux, notamment en ce qui concernait la gestion des listes consulaires. L’ambassadeur de France en Roumanie, Monsieur François Saint-Paul, possède une vaste expérience dans ce domaine, ayant occupé le poste de directeur des Français de l’étranger et de l’administration consulaire entre 2009 et 2013. A ce titre, il a organisé les élections présidentielles et législatives de 2012 pour les Français de l’étranger, y compris pour les législatives, la modalité de vote par internet. A son tour, M. Sylvain Riquier a souligné qu’il s’agissait d’un système difficile à mettre en œuvre. Il a également expliqué au public présent au séminaire quels étaient les avantages et les désavantages de ce type de vote.
Au sujet du vote par correspondance, l’expert français a précisé que la Francea renoncé à ce système dans les années 1970, étant donné qu’il s’agissait d’un système couteux et pas toujours fiable.

L’expert français a également expliqué que la bonne législation dans le domaine électorale et l’organisation efficace devaient être complétées par d’importants investissements financiers, afin de faire face au défi représenté par le vote à l’étranger.

Pour sa part, le président du Sénat, M. Călin Popescu Tăriceanu, a évoqué les défaillances que le vote électronique pourrait avoir.

A son tour, le ministre délégué Eugen Nicolicea a déclaré qu’il allait s’inspirer du système français de vote, surtout en ce qui concerne la création de listes obligatoires, expliquant l’efficacité du système dans les consulats de France.

Un atelier pratique destiné aux experts a été organisé après le séminaire.

Dernière modification : 04/02/2015

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